Les pays pauvres en manque de professionnels de santé

[01 octobre 2014 - 15h21] [mis à jour le 01 octobre 2014 à 15h23]

Dans les pays en développement, près d’un tiers des étudiants en médecine n’aurait pas l’intention d’exercer dans leur pays d’origine après l’obtention de leur diplôme. Dans une étude publiée ce jour l’OMS tire la sonnette d’alarme et appelle à une répartition équitable des travailleurs de santé.  

« Des investissements considérables ont été réalisés ces dernières années pour développer la formation du personnel de santé dans les pays à faible revenu ou à revenu intermédiaire», explique le Dr David Silvestri du Brigham and Women’s Hospital de Boston (Etats-Unis) et principal auteur d’une étude publiée dans le Bulletin de l’Organisation mondiale de la Santé. Malheureusement, une fois leur diplôme obtenu, il semblerait que nombre de ces étudiants n’aspire qu’à une chose : émigrer.

De 2011 à 2012, Silvestri et ses collègues ont suivi 3 199 étudiants de première et de dernière année de médecine et de soins infirmiers dans 16 écoles de 8 pays à faibles revenus: le Bangladesh, l’Éthiopie, l’Inde, le Kenya, le Malawi, le Népal, la République-Unie de Tanzanie et de la Zambie.

A la question « où avez-vous l’intention de travailler dans les 5 ans après l’obtention du diplôme ? », 28% des étudiants interrogés comptaient partir l’étranger. A peine 18% envisageaient une carrière en zones rurales.

« La gravité de la pénurie de personnel de santé dans les pays en développement constitue un obstacle majeur aux progrès de la santé mondiale », analyse l’OMS. « En Afrique sub-saharienne, on compte en moyenne 2 médecins et 11 infirmières ou sages-femmes pour 10 000 habitants, contre 30 médecins et 84 infirmières ou sages-femmes dans les pays à revenu élevé ».

« La rétention du personnel de santé est essentielle en cas d’urgence – comme nous pouvons l’observer dans l’épidémie actuelle du virus Ébola en Afrique occidentale », explique James Campbell, Directeur du département de personnels de santé au siège de l’OMS. « Sans une remise en cause de l’enseignement, du déploiement et de la distribution équitable des travailleurs de la santé, de nombreux systèmes de santé pourraient être menacés… ».

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