Les pharmaciens à la croisée des chemins

30 juin 2011

Le look des pharmacies françaises est probablement appelé à fortement évoluer durant les prochaines années. Dans un rapport tout juste rendu public en effet, l’IGAS se déclare en faveur de changements radicaux : regroupements d’officines, définition de nouvelles missions pour le pharmacien de demain et logiquement, adoption de nouveaux modes de rémunération. A l’acte, « comme les autres professionnels de santé ».

Etablir des propositions pour faire évoluer le mode de rémunération des pharmaciens d’officines sans… générer de surcoût pour l’Assurance-maladie. C’était l’objectif assigné le 9 février dernier, par le ministère de la Santé à l’Inspection générale des Affaires sociales (IGAS).

Près de 5 mois plus tard, les propositions ne manquent pas. Les rapporteurs insistent particulièrement sur la mise en place de nouveaux services. Ils pourraient êtrerendus par les officinaux, « en application de la loi HPST ». Par exemple :
– La réalisation de bilans de santé et le renouvellement de traitements pour « les malades chroniques stabilisés ». Ils pourraient également participer à leur suivi « à travers un entretien d’accompagnement ;
– le dépistage des angines bactériennes par un test pratiqué à l’officine ;
– la participation au suivi vaccinal voire, « dans certaines hypothèses et sous réserve d’une formation qualifiante, de réaliser l’acte de vaccination, sur prescription ou de sa propre initiative »
– la participation au maintien à domicile de personnes âgées, grâce notamment « à la dispensation à domicile et à la préparation des doses à administrer ».

La mise en place de ces nouveaux services serait bien sûr conditionnée à une évolution des modes de rémunération. Comme le soulignent les rapporteurs, « dès lors qu’ils contribuent effectivement à une meilleure prise en charge des patients, ils auraient vocation à être rémunérés à l’acte, étant pris en charge comme les actes des autres professionnels de santé ».

Qu’en pensent les médecins ?

En revanche les dépistages en officines, tels que les imaginait la loi HPST et tels qu’ils sont déjà organisés par certains pharmaciens, sont remis en question par l’IGAS. « Il convient que la Direction générale de la Santé évalue dans un délai resserré, pathologie par pathologie, l’intérêt de généraliser et de promouvoir ces dépistages ».

Ces nouveaux services pourraient donc faire grandement évoluer le métier de pharmacien et son rapport au patient. A condition que médecins et officinaux trouvent un terrain d’entente… L’IGAS précise en effet que « les médecins sont très réticents par rapport à toute évolution qui suggérerait une modification des frontières établies entre les deux professions »…

Par ailleurs, l’IGAS se montre également favorable à « un regroupement des officines. D’après les rapporteurs, cela permettrait « de réaliser des économies d’échelle qui contribueraient à rendre plus efficient le dispositif français de dispensation du médicament ».

Pour aller plus loin : Télécharger le rapport de l’IGAS : Pharmacies d’officine : rémunération, missions, réseau.

  • Source : Rapport de l’IGAS, Pharmacies d’officine : rémunération, mission, réseau, 29 juin 2011

Destination Santé
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