Libye, la santé à la peine…

31 mars 2011

Depuis le début des interventions aériennes de la force internationale en Libye, la plupart des personnels de santé étrangers ont quitté le pays. Cette pénurie humaine aggrave celle que subit le pays en termes de moyens techniques : manque de médicaments d’urgence, défaut d’approvisionnement pour la prise en charge des maladies chroniques.

Depuis des bases situées dans les pays limitrophes, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) gère cette situation avec les moyens de l’Organisation non gouvernementale International Medical Corps (IMC). Le point avec Tarik Jasarevic, du département chargé des Interventions sanitaires en cas de crise (Health Action in Crises) de l’OMS.

« Dès le début du conflit, nous avons constaté des problèmes d’approvisionnement en médicaments dans l’est de la Libye », nous explique-t-il. En temps normal en effet, la ligne d’approvisionnement vient de Tripoli, la capitale. Depuis le début de l’intervention aérienne, celle-ci est coupée. « Les hôpitaux manquent en particulier de kits chirurgicaux et de produits anesthésiants. Les traitements pour les maladies chroniques sont également en rupture de stocks ».

Organisation de guerre

L’arrivée de blessés de guerre en nombres importants a provoqué une augmentation considérable des besoins en matériels médicaux. « En s’appuyant sur l’intermédiaire des populations locales, le personnel de santé de l’OMS est parvenu à procurer aux hôpitaux de l’est du pays, des <a href="https://destinationsante.com/IMG/pdf/emergency_kits_21dec2007(1).pdf” target=”_blank”>kits sanitaires de base et des kits chirurgicaux », poursuit notre interlocuteur.

L’appui logistique doit venir de l’extérieur. A l’est du pays, un centre d’approvisionnement en médicaments a donc été installé à Musaid, ville égyptienne la plus proche de la frontière libyenne. Objectif : « vérifier la nature et l’adéquation des médicaments et fournitures médicales qui entrent sur le territoire », explique Jasarevic.

Un système d’évacuation médicale a également été instauré par l’OMS, en collaboration avec le ministère égyptien de la Santé publique. « Au 28 mars, 43 blessés graves avaient été évacués en Egypte ».

Comme tout le personnel d’origine étrangère a quitté le pays, l’OMS forme désormais des étudiants en médecine libyens à la gestion des urgences. Pour aider les personnels qui sont restés dans les hôpitaux du pays, elle a mis en place « des formations – dispensées à Tobrouk – qui permettent à ces derniers de mieux faire face aux arrivées massives de blessés, et à dispenser l’aide d’urgence » dont ils ont besoin, précise Jasarevic. Depuis sa mise en place, dès le 22 février, ce dispositif a permis de former 16 professionnels et 150 autres devraient l’être d’ici peu.

A l’ouest, on ne sait rien

Dans l’ouest de la Libye en revanche, la partie tenue par les troupes de Mouammar Kadhafi, une seule ville reste aux mains des insurgés. Il s’agit de Misrata à propos de laquelle les informations manquent. Toutefois nous indique Tarik Jasarevic, « nous devrions recevoir prochainement la liste des médicaments dont manque l’hôpital de cette ville ».

Pour le reste, « nous n’avons aucune information vérifiable sur la situation dans l’ouest du pays. Nous n’avons aucun contact sur le terrain », souligne-t-il. Mais « l’OMS a disposé une quantité de médicaments à la frontière tunisienne, pour le cas où un accès serait établi ».

  • Source : Interview de Tarik Jasarevic, OMS, 28 mars 2011 ; Bureau des Nations-unies pour la Coordination des Affaires humanitaires, 29 mars 2011

Destination Santé
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