MICI et post-partum: un risque plus élevé de dépression

[11 janvier 2019 - 10h47] [mis à jour le 11 janvier 2019 à 11h01]

Les suites de la grossesse exposent à un léger sur-risque de dépression et d’anxiété chez les femmes souffrant de maladie inflammatoire chronique de l’intestin (MICI). Ce constat réalisé par une équipe canadienne doit inciter les soignants à davantage de vigilance auprès de ces jeunes mamans.

Souffrir d’une maladie inflammatoire chronique de l’intestin est associé à un sur-risque de maladie mentale, comme la dépression. La grossesse aussi, à elle seule, augmente le risque de souffrir d’anxiété. Une équipe canadienne vient de démontrer que les femmes souffrant de MICI sont surexposées à ce risque dans la période du post-partum.

Pour s’en assurer, les chercheurs du Women’s College Hospital de l’Ontario ont passé en revue les données des femmes ayant accouché entre 2002 et 2014 dans cet Etat. Au total, les patientes souffrant d’une MICI présentaient un risque de 22,7% de maladie mentale, contre 20,4% pour les autres femmes enceintes étudiées. « Le risque était particulièrement élevé pendant les 90 premiers jours du post-partum. Le risque ne s’est en revanche pas révélé supérieur au cours de la grossesse », précisent les auteurs.

Soutien et traitement adéquats

Les maladies mentales concernées correspondaient à l’anxiété et la dépression ainsi que la dépendance à des substances psychotropes (comme les opioïdes). Toutefois, aucun lien n’a été établi avec la schizophrénie notamment.

« Ce sur-risque est faible mais significatif », commente le Dr Simone Vigod, principal auteure de ce travail. « Les patientes souffrant de MICI traversent des épreuves difficiles au cours de leur grossesse et du post-partum. Lesquelles ne sont pas uniquement d’ordre physique », poursuit-elle. « Nous devons, en tant que soignants, nous assurer que ces femmes reçoivent le soutien et le traitement adéquat et nécessaire pour répondre à leur état physique et mental. »

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