Accueil » Santé Publique » Mondialisation, médicaments, sécurité : le triangle de tous les dangers ?

Président du directoire d’Axyntis, une société française productrice de principes actifs, David Simonet s’est longuement exprimé face aux Académiciens. « Nous avons identifié deux risques majeurs sur la chaîne d’approvisionnement des matières premières pharmaceutiques », nous a-t-il expliqué en sortie de séance. . « Le premier problème est relatif à la qualité des médicaments. Dans les pays de l’Union européenne, entre 1% et 3% des médicaments présents dans les circuits légaux de distribution sont falsifiés : soit y trouve un autre principe actif que celui que l’on attend, soit il ne s’y en trouve aucun, soit il n’est pas présent à la bonne dose. » Une fois encore, ces situations concernent les « circuits légaux de distribution ». En d’autres termes, le réseau des pharmacies d’officine.
Le deuxième problème préoccupant est celui des ruptures de stocks auxquels expose la mondialisation des circuits. Le phénomène va croissant : depuis le début de l’année, l’Agence française de Sécurité sanitaire des Produits de Santé (AFSSaPS) a diffusé sur son site internet 31 messages d’alerte relatifs à des ruptures de stocks ou des risques de rupture de stocks. Au cours de la même période l’an dernier, elle n’avait émis que 4 alertes. Et deux seulement, sur le premier semestre 2009…
« Pour les patients, les conséquences (de cette situation) peuvent être importantes », souligne l’Académie nationale de Pharmacie. « Certaines pénuries laissent les patients sans alternative thérapeutique réelle La délocalisation des fournisseurs de principes actifs a entraîné de la part des pays importateurs, un renforcement des exigences réglementaires pour se protéger ».
L’Union européenne pour sa part, a décidé de renforcer le contrôle des principes actifs importés sur son territoire. « Une nouvelle directive qui vient d’être adoptée, entrera en vigueur fin décembre 2012 », précise David Simonet. « Désormais les importateurs de principes actifs devront prendre l’engagement de diligenter eux-mêmes une inspection auprès de leurs fournisseurs et cet engagement devra figurer dans le dossier d’AMM. »

Source : Académie nationale de Pharmacie, 8 juin 2011 – Interview de David Simonet, 8 juin 2011
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