Accueil » Santé Publique » Nouveaux groupes sanguins : quelles perspectives d’avenir ?

Qu’est-ce qu’un groupe sanguin ?
« Les globules rouges portent à leur surface, une multitude de marqueurs. Ce sont des sortes d’étiquettes que l’on appelle des ‘antigènes de groupes sanguins’ » nous explique Jacques Chiaroni, président de l’Etablissement français du Sang (EFS) Alpes-Méditerranée. « Ces antigènes sont regroupés en familles, qui forment les ‘systèmes de groupes sanguins’. Notre appartenance à un groupe dépend de la présence ou non de ces antigènes à la surface de nos globules rouges ».
Ce que le public ignore généralement, c’est que ces systèmes de groupes ne se limitent pas aux seuls représentants du système ABO (qui comprend les groupes A, B, AB et O) et au système Rh ou « Rhésus ». « Jusqu’à présent, nous connaissions 30 groupes et plus de 300 antigènes » continue le Dr Chiaroni. « Nous ne sommes donc pas simplement A+ ou B-. Nous sommes tous porteurs d’autres groupes d’antigènes, que la plupart du temps nous ignorons ». Et parmi eux, deux petits nouveaux, nommés respectivement Junior (JRA) et Langereis (LAN), viennent de faire leur apparition.
Que va changer cette découverte ?
« En fait, nous connaissions JRA et LAN depuis longtemps » nous a confié le Dr Thierry Peyrard, chef de laboratoire à l’Institut national de la Transfusion sanguine (INTS) et co-auteur de l’étude. « Cependant nous ne connaissions pas leur structure chimique exacte. S’agissait-il de protéines, de sucres ? Ces antigènes en fait, viennent d’obtenir leurs galons de ‘système de groupe’ ».
Comme l’explique notre spécialiste, «au sein de la population générale, nous sommes presque tous JRA+ et LAN+. Cependant, d’exceptionnels sujets présentent un groupe sanguin rare. Au Japon et parmi les gens du voyage, certains présentent un profil JRA-. ».
Ces sujets rares « ne peuvent être transfusés car nous avons une chance sur 10 000 à 100 000 de trouver un sang compatible » poursuit Thierry Peyrard. « A l’avenir, le fait d’avoir identifié JRA et LAN comme des groupes sanguins nous permettra de dépister de nouveaux porteurs, et d’assurer une sécurité transfusionnelle et obstétricale, dans le cas d’une incompatibilité mère-enfant » conclut-il.

Source : Interview du Dr Jacques Chiaroni, 9 mars 2012 - Interview du Dr Thierry Peyrard, 9 mars 2012
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