
Dans l’esprit même de cette loi, le Premier ministre François Fillon, a officiellement demandé au président de l’ASN ce jeudi, de réaliser « une étude de la sûreté des installations nucléaires, en priorité les centrales nucléaires ». Il a également souhaité obtenir les premières conclusions de cet audit « pour la fin de l’année 2011 ». C’est un travail considérable, qui devra donc être mené tambour battant pour prendre en compte une par une, les 19 centrales – équipées de 58 réacteurs nucléaires – dont est doté notre pays.
En outre depuis le terrible séisme qui a frappé le Japon, et l’accident nucléaire qui en est résulté dans la centrale de Fukushima, l’ASN et l’IRSN diffusent au quotidien des informations concernant l’évolution de la situation. Le réseau de balises radiamétriques Téléray s’est déclenché en début de semaine, analysant la charge radioactive de l’air en France. « L’analyse de prélèvements dans l’environnement (notamment dans des eaux de pluie, de l’herbe, différents types de laits) ne mettent en évidence aucune valeur anormale », indique l’ASN. Cette information a été confirmée par la Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité (CRIIRAD).
L’effet ‘accumulatif’ de la radioactivité
Toutefois, cette dernière prévient que« les dépôts de radioactivité sur les sols vont progressivement s’accumuler, en particulier dans les zones où les précipitations seront abondantes ». Et bien sûr, « l’air restera anormalement radioactif aussi longtemps que se poursuivront les rejets massifs de radioactivité de la centrale nucléaire japonaise ». Précisons que « lorsqu’il pleut, les dépôts sont 10 fois plus importants sur les sols. Quant aux aliments, les salades et le lait en particulier, ils sont 2 fois plus contaminés », explique Philippe Renaud, chef du Laboratoire d’études radio-écologiques en milieux continental et marin à l’IRSN.
La CRIIRAD en revanche, reproche avec virulence le manque de transparence dont feraient preuve les Etats-Unis. Elle a d’ailleurs lancé un appel international ce mercredi, pour que soient rendus publics tous les résultats d’analyse de la radioactivité de l’air. Elle reproche notamment au Département de l’Energie américain de dissimuler ces éléments. « Elle réitère ce vendredi avec force (son) appel et précise qu’elle ne demande pas la publication de quelques chiffres, dûment sélectionnés par les gouvernements et leurs experts, elle veut tous les chiffres ! ».
Plans d’urgence
En France depuis l’accident de Tchernobyl, des plans de sécurité d’urgence ont été mis au point pour réagir en cas d’accident dans une centrale nucléaire. D’autres ont été établis pour répondre à des attaques terroristes. Piratome concerne les risques radioactifs, et notamment de « bombe radiologique ». Avec Piratox et Biotox, il répond aux risques NRBC (N et R pour nucléaire et radiologique, B pour biologique, C pour chimique).
Afin de répondre aux questions du public sur les enjeux sanitaires et la circulation des masses d’air, l’ASN a ouvert une rubrique « Questions fréquentes » sur son site. Elle a également mis en place un centre d’information accessible de 8 h – 22 h au 08 05 33 34 35 (appel non surtaxé depuis une ligne fixe).

Source : Interview de Philippe Renaud, 17 mars 2011 ; Lettre de François Fillon à André-Claude Lacoste, 23 mars 2011 ; CRIIRAD, 24 mars 2011 ; IRSN, 25 mars 2011 ; ASN, 25 mars 2011