Les sources naturelles de sucre contenues dans les plantes et les fruits consommés par les moustiques influencent la transmission du paludisme. Démontrés par des chercheurs français et burkinabé, ces résultats ouvrent de nouvelles perspectives dans la lutte contre cette maladie.

Les moustiques du genre Anopheles se nourrissent de sang (humain et animal) mais aussi de sources de sucres végétaux, comme le nectar des plantes. Des études récentes ont montré que cette alimentation sucrée avait un impact sur la durée de vie des moustiques. Cependant la manière dont la diversité des plantes affecte la capacité des vecteurs à transmettre le paludisme demeurait jusqu’à présent inconnu.

Des scientifiques du CNRS, de l’IRD et de l’Institut de recherche en sciences de la santé (Burkina Fasso) se sont donc intéressés à l’alimentation du moustique Anopheles coluzzi.  Selon ces derniers, l’alimentation en sucres naturels influencerait significativement le développement du parasite, la fécondité des moustiques ainsi que leur longévité. Des conclusions confirmées après observations microscopiques et modélisation épidémiologique.

Ainsi les vecteurs nourris à base de nectar de T. Neriifolia ont montré une baisse de 30% de leur capacité de transmission du paludisme. Cette étude montre pour la première fois que les sources naturelles de sucres peuvent moduler les interactions vecteurs-pathogènes. Les mécanismes précis restent encore inconnus. Ces résultats laissent toutefois entrevoir de nouvelles stratégies de lutte contre le paludisme, comme par exemple la plantation d’espèces végétales qui affectent la capacité vectorielle des moustiques.

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