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Accueil » Santé Publique » Papillomavirus : bientôt une campagne de vaccination dans les collèges
© BlurryMe/shutterstock.com
« Éradiquer le papillomavirus ». C’est l’objectif affiché par l’Élysée, dans un pays qui fait figure de mauvais élève en la matière. En France, la vaccination anti-HPV est recommandée pour les filles de 11 à 14 ans depuis 2007, et depuis 2021 pour les garçons du même âge. Soit avant leur entrée dans la vie sexuelle, pour une efficacité optimale.
En effet, si les infections à papillomavirus sont des infections sexuellement transmissibles très courantes (80% de la population y est ou y sera exposée), il est impossible de prédire si le corps parviendra à les éliminer naturellement ou si des lésions persisteront. Or, « en France, ces virus sont responsables, chaque année, de plus de 100 000 verrues génitales bénignes, plus de 30 000 lésions pré-cancéreuses et plus de 8 000 cancers des régions génitales, anales et oropharyngées », rappelle l’Académie nationale de médecine, qui plaidait en juin dernier pour « rendre systématique l’offre de vaccination en direction des enfants âgés de 11 à 14 ans ».
Et pour cause : la protection induite par la vaccination fonctionne. Contre le cancer du col de l’utérus (2 900 cas chaque année en France, selon l’Institut national du cancer), son efficacité est même spectaculaire : l’OMS estime qu’avec une couverture vaccinale adéquate, la maladie, provoquée par un virus HPV dans plus de 9 cas sur 10, pourrait être totalement éradiquée en Europe dans les années à venir.
« Des études récentes menées au Royaume-Uni, l’un des premiers pays à avoir introduit la vaccination contre le HPV, montrent qu’elle a réduit de près de 90 % les lésions précancéreuses et le cancer du col de l’utérus parmi les premières cohortes ayant reçu le vaccin ». La Suède prévoit quant à elle que « le cancer du col de l’utérus pourrait être éliminé (…) d’ici 5 ans, ce qui signifie qu’il y aurait moins de 4 nouveaux cas pour 100 000 femmes par an ».
Et en France ? Une expérimentation menée durant deux ans dans la région Grand-Est montre que la couverture vaccinale des jeunes est passée de 9 % à 27 % la première année et de 14 % à 31 % la seconde. Comment ? Grâce à la campagne de vaccination coordonnée par l’ARS, à destination des élèves volontaires des classes de 5e, au sein de leurs établissements.
C’est donc ce type de dispositif qui sera généralisé à tous les collèges de France, pour les élèves de 5e, à compter de septembre prochain, a annoncé ce mardi le président de la République. Rappelons que la stratégie décennale de lutte contre les cancers 2021-2030 vise une couverture vaccinale contre les HPV de 80% d’ici sept ans.
A noter : La vaccination au sein d’un établissement scolaire n’est pas nouvelle. C’est également la stratégie qui avait été adoptée pour étendre la couverture vaccinale contre une autre IST, l’hépatite B, dans les années 1990. Plusieurs centaines de milliers d’élèves de 6e avaient alors reçu les trois doses de vaccin, administrés par les médecins et infirmières scolaires. Le vaccin est désormais obligatoire pour les enfants nés après le 1er janvier 2018.
Source : Académie nationale de médecine – InCa - OMS - Février 2023
Ecrit par : Charlotte David - Edité par : Emmanuel Ducreuzet
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