Peut-on tout dire à ses enfants ?

22 avril 2026

Des problèmes professionnels, de santé, de couple ? La tentation est grande de vouloir cacher ses tourments à nos enfants pour soi-disant ne pas les inquiéter… Cette approche fonctionne-t-elle vraiment ? Comment déterminer le bon dosage entre ce qu’il convient de dire ou de ne pas dire ?

Non, les enfants ne sont pas des adultes en miniatures ! Cet adage signifie notamment « qu’ils n’ont pas besoin de tout savoir mais ils ont absolument besoin de sentir qu’ils ne sont pas seuls face à ce qu’ils perçoivent », souligne Marie Laviolette, thérapeute et coach parental. En tant que parent, lorsqu’on rencontre une situation difficile, inquiétante, qui perturbe la vie de famille, il est souvent difficile de savoir où placer le curseur : que peut-on expliquer à son enfant ? Quels mots choisir ? Et que peut-il comprendre ?

Le silence inquiète 

« Il est illusoire de penser qu’un parent peut cacher durablement ce qu’il ressent sans que son enfant ne le perçoive », insiste la thérapeute, comme une façon de rappeler que son angoisse naitra surtout du silence. « Plus l’enfant est jeune, plus il va ramener ce qu’il observe à lui poursuit-elle. Non pas par égocentrisme, mais parce qu’il s’agit de son mode de fonctionnement ». Résultat : « Face à l’inquiétude du parent qui n’est pas discutée, l’enfant va inconsciemment penser : “c’est à cause de moi. J’ai dû faire quelque chose de mal” » Ce qui signifie que « le silence ne protège pas l’enfant ».

Que dire ? 

Face à cette situation, l’enjeu pour les parents sera de savoir où placer le curseur entre dire et ne pas dire.  « Lui parler tout en restant sécurisant et de manière adaptée à son âge », enchaîne Marie Laviolette. Laquelle propose de s’appuyer sur trois piliers concrets qui, selon elle, « suffisent souvent à apaiser » :

  • « nommer » : dire l’émotion avec des mots simples. Quelques exemples : “Je suis stressé”, “je suis triste”, “je suis en colère”. Il s’agit ici d’exprimer son sentiment.
  • « différencier » : rappeler que le problème en question appartient aux parents. « “Ce n’est pas à cause de toi” – “Tu n’as rien fait de mal” », illustre-t-elle. Un point essentiel pour éviter que le petit n’aille chercher une responsabilité qui n’est pas la sienne ;
  • « contenir » : autrement dit, le rassurer sur le fait que l’adulte gère. Illustrations : “Je m’en occupe” – “Je trouve du soutien auprès d’autres adultes.” – “Tu peux continuer à être un enfant”…

Rester simple

Enfin, dans vos explications de parents, « restez simple. Plus c’est simple, plus c’est rassurant », appuie la thérapeute. Et n’hésitez pas à vous exprimer, même si votre enfant ne le demande pas forcément ! « Un enfant qui ne pose pas de question n’est pas forcément un enfant qui n’a pas besoin d’informations », conclut-elle.

  • Source : Interview de Marie Laviolette (www.marielaviolette.com), 20 avril 2026

  • Ecrit par : David Picot – Edité par Emmanuel Ducreuzet

Destination Santé
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