Quelle alimentation pour prévenir les calculs urinaires?

03 février 2026

Alors que la maladie lithiasique rénale - la formation de calculs rénaux - est en constante augmentation dans les pays industrialisés, quelles sont les connaissances actuelles sur le rôle de la nutrition dans la formation de ces petits cristaux dans le rein ?

La lithiase rénale – les calculs rénaux – concerne entre 8 et 10 % de la population française, avec une prédominance masculine (deux hommes pour une femme). Elle représente près de 90 % des cas de coliques néphrétiques aiguës, soit environ 150 000 épisodes chaque année. L’âge moyen de survenue du premier calcul est d’environ 40 ans chez la femme et 35 ans chez l’homme.

Les calculs d’oxalate de calcium désormais majoritaires

Le principal constituant des calculs rénaux chez l’adulte est désormais l’oxalate de calcium (il en existe a, qui représente près de 72 % des cas. « Dans la majorité des situations, ces calculs résultent d’une alimentation excessive, déséquilibrée, ainsi que d’une diurèse (production d’urine, ndlr) insuffisante, expliquait lors du congrès français d’urologie (novembre 2025, Paris) la Dre Mariela Corrales du service d’urologie (CHU Gabriel-Montpied, Clermont-Ferrand) qui a effectué une revue de la littérature scientifique jusqu’en juin 2025, avec le Dr Frédéric Panthier, du Groupe de recherche clinique sur la lithiase urinaire (hôpital Tenon, Sorbonne université, Paris). C’est pourquoi une évaluation diététique doit permettre d’identifier les habitudes alimentaires du patient qui le prédisposent à la formation de calculs urinaires. »

Quelle quantité de boissons ?

Le plus important est de boire en quantité suffisante pour diluer les urines, diminuant ainsi le risque de formation ou de récidive des calculs rénaux. « Un faible volume d’urine du fait d’une consommation insuffisante de liquide ou une perte excessive de liquide est l’un des facteurs de risque les plus importants pour la formation de calculs rénaux », précise la Dre Corrales. Objectif prioritaire : obtenir un volume urinaire d’environ 2 litres.

De nombreuses conditions physiologiques et maladies peuvent entraîner une déshydratation, d’où des besoins en eau modifiés : la transpiration excessive (chaleur), une activité physique intense ou encore une diarrhée chronique. Selon les recommandations européennes (EAU 2025), un apport hydrique abondant, en mesure de maintenir un volume d’urines d’au moins 2 à 2,5 L/j (en climat tempéré) est conseillé pour la majorité des types de calculs. En revanche, chez les personnes présentant des calculs de cystine, le volume urinaire doit être d’au moins 3 L, pour diminuer la concentration urinaire de cystine.

Tous les liquides sont autorisés

En France, l’eau du robinet peut être privilégiée. L’eau minérale contient pour sa part naturellement du bicarbonate, ainsi que du calcium, du magnésium et d’autres ions. La consommation d’une eau minérale riche en bicarbonate entraîne une augmentation du pH urinaire (« alcalinisation » des urines, d’où des urines moins acides), ainsi qu’une hausse de l’excrétion urinaire de citrate et de magnésium. « Par conséquent, vulgarise l’experte, une eau riche en bicarbonate peut réduire le risque de formation de calculs d’oxalate de calcium et d’acide urique. »

En revanche, si la concentration de calcium dans l’eau minérale est trop élevée « cela peut favoriser la formation de calculs d’oxalate de calcium. Étant donné que l’apport nutritionnel de référence en calcium, (entre 800 mg et 1000 mg par jour), est déjà atteint en consommant 2 L d’eau riche en calcium, les patients doivent faire attention à ne pas ingérer trop de calcium par ailleurs. »

Les études confirment le rôle potentiellement protecteur du café et du thé vert contre la formation de calculs rénaux.

Un apport alimentaire équilibré prévient la formation de calculs urinaires

  • Le citrate empêche la formation des cristaux. Les jus d’agrumes (citron, orange, pamplemousse), apportent de grandes quantités d’acide citrique et pourraient constituer – ce qui reste à démontrer – une alternative aux médicaments (les agents alcalinisants qui rendent les urines moins acides, ce qui favorise la formation de cristaux/calculs). Pour les personnes à risque de lithiase, privilégier le fruit entier plutôt que le jus, limiter la consommation quotidienne de jus de fruits à une seule portion et diluer le jus avec de l’eau.
  • Un apport alimentaire équilibré en calcium prévient la formation de calculs urinaires. Le calcium est apporté par certaines eaux et les produits laitiers. Il est recommandé de consommer 3 à 4 portions de produits laitiers par jour, de préférence pendant les repas (un verre de lait de15 cL = 1 yaourt = 100 g de fromage blanc = 40 g de fromage sec).
  • La consommation de sel augmente le risque de formation de calculs car il favorise l’excrétion urinaire de calcium. La bonne attitude : limiter les aliments et repas trop salés et ne jamais ajouter de sel à table. L’apport alimentaire recommandé en sodium est d’environ 6 à 7 g de sel par jour. Attention au sel « caché » (bouillons cubes, sauce soja…).
  • Un apport alimentaire élevé en protéines est un facteur de risque pour la formation de calculs rénaux. Le mécanisme ? La charge acide apportée par un apport élevé en protéines peut augmenter le calcium des urines, réduire le pH urinaire et l’excrétion de citrate. L’apport recommandé en protéines est entre 0,8 et 1 g par kg de poids corporel par jour (100 g de viande = 100 g de poisson = 2 œufs).
  • L’oxalate urinaire est reconnu comme un facteur de risque principal dans la formation des calculs d’oxalate de calcium. Il provient à la fois de la fabrication par le foie et de l’apport alimentaire. Les aliments riches en oxalate (fruits secs, chocolat noir en grande quantité, sésame, betterave, épinards…), sont à consommer avec modération !

A savoir : la vitamine C en grande quantité (comprimés de 500 mg à 1g) est déconseillée car cela favorise l’augmentation de l’excrétion urinaire d’oxalate.

  • Les aliments riches en acide urique (charcuterie, abats, hareng, thon, truite, sardine à l’huile, anchois, fruits de mer) et les aliments sucrés apportent aussi de l’acidité, facteur de risque pour les calculs urinaires à base d’oxalate de calcium et d’acide urique. Il est recommandé de consommer régulièrement des légumes et des fibres.
  • Source : Dietary measurements and stones: The practical guide ; intervention Dr Corrales CFU 2025 (novembre 2025, Paris) et Progrès en urologie FMC 2025 ; 35 : 221-224 ; European Association of Urology Guidelines on the Diagnosis and Treatment of Urolithiasis. Eur Urol. 2025 Jul;88(1):64-75 ; EAU Guidelines. Edn. presented at the EAU Annual Congress Madrid 2025. ISBN 978-94-92671-29-5.

  • Ecrit par : Hélène Joubert - Édité par Emmanuel Ducreuzet

Destination Santé
Résumé de la politique de confidentialité

Ce site utilise des cookies afin que nous puissions vous offrir la meilleure expérience utilisateur possible. Les informations sur les cookies sont stockées dans votre navigateur et remplissent des fonctions telles que vous reconnaître lorsque vous revenez sur notre site Web et aider notre équipe à comprendre quelles sections du site Web vous trouvez les plus intéressantes et utiles.

Plus d'informations sur notre politique de cookies sur nos CGU.

Aller à la barre d’outils