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La lithiase rénale – les calculs rénaux – concerne entre 8 et 10 % de la population française, avec une prédominance masculine (deux hommes pour une femme). Elle représente près de 90 % des cas de coliques néphrétiques aiguës, soit environ 150 000 épisodes chaque année. L’âge moyen de survenue du premier calcul est d’environ 40 ans chez la femme et 35 ans chez l’homme.
Le principal constituant des calculs rénaux chez l’adulte est désormais l’oxalate de calcium (il en existe a, qui représente près de 72 % des cas. « Dans la majorité des situations, ces calculs résultent d’une alimentation excessive, déséquilibrée, ainsi que d’une diurèse (production d’urine, ndlr) insuffisante, expliquait lors du congrès français d’urologie (novembre 2025, Paris) la Dre Mariela Corrales du service d’urologie (CHU Gabriel-Montpied, Clermont-Ferrand) qui a effectué une revue de la littérature scientifique jusqu’en juin 2025, avec le Dr Frédéric Panthier, du Groupe de recherche clinique sur la lithiase urinaire (hôpital Tenon, Sorbonne université, Paris). C’est pourquoi une évaluation diététique doit permettre d’identifier les habitudes alimentaires du patient qui le prédisposent à la formation de calculs urinaires. »
Le plus important est de boire en quantité suffisante pour diluer les urines, diminuant ainsi le risque de formation ou de récidive des calculs rénaux. « Un faible volume d’urine du fait d’une consommation insuffisante de liquide ou une perte excessive de liquide est l’un des facteurs de risque les plus importants pour la formation de calculs rénaux », précise la Dre Corrales. Objectif prioritaire : obtenir un volume urinaire d’environ 2 litres.
De nombreuses conditions physiologiques et maladies peuvent entraîner une déshydratation, d’où des besoins en eau modifiés : la transpiration excessive (chaleur), une activité physique intense ou encore une diarrhée chronique. Selon les recommandations européennes (EAU 2025), un apport hydrique abondant, en mesure de maintenir un volume d’urines d’au moins 2 à 2,5 L/j (en climat tempéré) est conseillé pour la majorité des types de calculs. En revanche, chez les personnes présentant des calculs de cystine, le volume urinaire doit être d’au moins 3 L, pour diminuer la concentration urinaire de cystine.
En France, l’eau du robinet peut être privilégiée. L’eau minérale contient pour sa part naturellement du bicarbonate, ainsi que du calcium, du magnésium et d’autres ions. La consommation d’une eau minérale riche en bicarbonate entraîne une augmentation du pH urinaire (« alcalinisation » des urines, d’où des urines moins acides), ainsi qu’une hausse de l’excrétion urinaire de citrate et de magnésium. « Par conséquent, vulgarise l’experte, une eau riche en bicarbonate peut réduire le risque de formation de calculs d’oxalate de calcium et d’acide urique. »
En revanche, si la concentration de calcium dans l’eau minérale est trop élevée « cela peut favoriser la formation de calculs d’oxalate de calcium. Étant donné que l’apport nutritionnel de référence en calcium, (entre 800 mg et 1000 mg par jour), est déjà atteint en consommant 2 L d’eau riche en calcium, les patients doivent faire attention à ne pas ingérer trop de calcium par ailleurs. »
Les études confirment le rôle potentiellement protecteur du café et du thé vert contre la formation de calculs rénaux.
A savoir : la vitamine C en grande quantité (comprimés de 500 mg à 1g) est déconseillée car cela favorise l’augmentation de l’excrétion urinaire d’oxalate.

Source : Dietary measurements and stones: The practical guide ; intervention Dr Corrales CFU 2025 (novembre 2025, Paris) et Progrès en urologie FMC 2025 ; 35 : 221-224 ; European Association of Urology Guidelines on the Diagnosis and Treatment of Urolithiasis. Eur Urol. 2025 Jul;88(1):64-75 ; EAU Guidelines. Edn. presented at the EAU Annual Congress Madrid 2025. ISBN 978-94-92671-29-5.

Ecrit par : Hélène Joubert - Édité par Emmanuel Ducreuzet