Fertilité : ces 5 idées reçues sur l’autoconservation des ovocytes

17 mars 2026

Cinq ans après l’ouverture du droit à « l’autoconservation des ovocytes sans indication médicale », une enquête de l’Agence de la biomédecine en dit long sur les connaissances lacunaires des femmes en la matière. Sur la réglementation comme sur les chances de succès, souvent surestimées.

L’autoconservation des ovocytes sans indication médicale serait envisagée par 26 % des femmes âgées de 25 à 44 ans, d’après la nouvelle enquête de l’Agence de la biomédecine publiée lundi 16 mars. Mais la moitié d’entre elles surestiment les chances de succès. Et de manière générale, seules 28 % des interrogées se sentent suffisamment informées. L’information circule surtout par le bouche-à-oreille et sur les réseaux sociaux. Voici 5 idées fausses qui persistent. 

L’autoconservation des ovocytes concerne uniquement les femmes ayant une indication médicale, par exemple en cas de traitement risquant d’altérer la fertilité (chimiothérapie, radiothérapie, certaines maladies génétiques)

FAUX. Depuis la loi de bioéthique d’août 2021, toutes les femmes âgées de 29 à 36 ans peuvent recourir à l’autoconservation des ovocytes sans motif médical, aussi appelée « préservation sociétale » de la fertilité. Le dispositif est appliqué depuis la fin de l’année 2021. Submergés par les demandes, les centres d’assistance médicale à la procréation (AMP), au nombre de 47 en 2025 (70 prévus en 2027), ne satisfont qu’environ un tiers des requêtes. Et la demande ne cesse de croître. Ainsi le délai moyen de prise en charge atteint 13 mois au niveau national, entre le rendez-vous et la première ponction.

On dispose à sa guise de ses propres ovocytes vitrifiés 

FAUX.  Dans l’enquête de l’Agence de la biomédecine, environ 40 % des femmes savent qu’il existe une limite d’âge pour congeler mais aussi utiliser leurs ovocytes. Il est en effet possible de les utiliser jusqu’à son 45e anniversaire et, si l’on est en couple, jusqu’au 60e anniversaire de son conjoint ou de sa conjointe. 

 La congélation d’ovocytes, c’est une grossesse à coup sûr 

FAUX. Si dans l’enquête, 7 % des répondantes estiment qu’une tentative de grossesse à partir d’ovocytes congelés a de fortes chances de succès, tandis que 20 % jugent ces chances faibles, toutes sont loin de la réalité. Le taux de réussite varie selon l’origine des gamètes et la technique employée (insémination artificielle, fécondation in vitro avec ou sans micro-injection de spermatozoïdes, ou accueil d’embryon). Dans les études, le taux cumulatif de naissance (l’ensemble de tentatives) atteint environ 28 % par cycle de procréation assistée pour les femmes ayant utilisé leurs ovocytes congelés. Un taux qui décroit plus les ovocytes sont prélevés tardivement en vue d’être conservés. 

 La démarche de prélèvement des ovocytes est coûteuse 

FAUX. Dans l’enquête de l’Agence de la biomédecine, 51 % des répondantes considèrent la démarche coûteuse. C’est totalement faux, car le prélèvement des ovocytes est pris en charge à 100 % par l’Assurance maladie. En revanche, les frais de conservation sont à la charge de la femme, et s’élèvent à 40,50 euros par an. 

 Les ovocytes non utilisés sont détruits 

VRAI. Mais le don – à des personnes en attente de don, ou à la recherche – est possible pour les ovocytes non utilisés. Parmi les femmes ayant congelé leurs ovocytes ou en cours de procédure, 82 % déclarent avoir été informées qu’elles pouvaient les donner si elles ne les utilisaient pas elles-mêmes, et 73 % se disent favorables à cette possibilité.  

 

Pour en savoir plus : qu’est-ce que la congélation des gamètes sans raison médicale ?  

Rendez-vous sur le site www.procreation-medicale.fr pour trouver un centre d’AMP habilité pour la congélation de gamètes près de chez vous.

  • Source : Connaissances et les perceptions de la congélation des ovocytes par les femmes/ Communiqué du 16 mars 2026. Enquête en ligne par l’Institut Viavoice pour l'Agence de la biomédecine, du 23 mai au 2 juin 2025 sur un échantillon de 1 000 femmes, représentatives de la population française métropolitaine âgée de 25 ans à 44 ans 

  • Ecrit par : Hélène Joubert ; Édité par Emmanuel Ducreuzet

Destination Santé
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