Accueil » Santé Publique » Stérilisation : l’utilisation de l’oxyde d’éthylène contestée

Pour le Dr Kurt Straif au Centre international de Recherche contre le Cancer (CIRC) de l’OMS à Lyon, il est en fait difficile aujourd’hui de caractériser les risques de l’oxyde d’éthylène dans ce cadre précis.
« L’oxyde d’éthylène appartient bien au groupe 1 des agents cancérogènes pour l’homme », nous explique-t-il. Constitué notamment de professionnels de santé, le c2ds estime qu’il existe un risque réel que, des résidus de gaz cancérogène se retrouvent « au contact direct du patient à travers les cathéters, sondes, implants ou prothèses » stérilisés par cette méthode. En 2009, la Caisse régionale d’Assurance-maladie d’Ile-de-France (CRAMIF) préconisait son remplacement par une autre technique « lorsque cela était possible ».
Un risque…difficile à évaluer
Pour le Dr Straif, responsable des monographies du CIRC,« il existe certes un risque, mais il est difficile à évaluer. Les études épidémiologiques qui ont été réalisées concernent essentiellement l’exposition à l’oxyde d’éthylène par inhalation et à des taux importants. Lorsqu’il s’agit de valeurs résiduelles, comme ici dans le cas de dispositifs médicaux, le risque est admis mais non quantifié par des études. Il devient donc difficile de le démontrer ».
De son côté, l’Agence française de Sécurité sanitaire des Produits de Santé (AFSSaPS) rappelle que « l’utilisation de l’oxyde d’éthylène pour la stérilisation initiale de dispositifs médicaux est courante ». Enfin selon le ministère de la Santé, l’interdiction de cette substance ne concerne que « les matériaux (appelés à être) au contact des aliments ». A savoir les biberons et tétines, par exemple.

Source : Comité pour le développement durable en santé (c2ds) – Interview du Dr Kurt Straif, Centre International de Recherche contre le Cancer de l’OMS (CIRC)
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