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Selon les résultats d’un essai clinique de phase Ib/II, un vaccin développé par les chercheurs de la compagnie Nouscom, spécialisée en immunothérapie, pourrait permettre de prévenir le cancer chez les personnes atteintes du syndrome de Lynch. L’étude, menée par les chercheurs du MD Anderson Cancer Center de l’université du Texas a été publiée le 16 janvier dans la revue Nature Medicine.
Le syndrome de Lynch est une maladie génétique, une mutation sur l’un des 4 gènes du système MisMatch Repair (MMR) qui désigne le système de réparation des erreurs de copie de l’ADN. « Il est essentiel pour maintenir l’intégrité de l’information génétique contenue dans le génome au cours des multiples divisions cellulaires », explique l’Institut national du cancer. Mais les dysfonctionnements entraînent une instabilité des microsatellites, ces segments d’ADN répétés plusieurs fois à un emplacement précis du génome. Les erreurs s’accumulent ce qui augmente le risque de cancers.
Ce syndrome, qui toucherait une personne sur 300, est responsable d’une augmentation du risque de développer certains cancers, principalement les cancers du côlon, de l’utérus et des ovaires. « Ces cancers surviennent généralement prématurément, avant l’âge de survenue habituel dans la population générale. On retrouve également un risque accru d’autres cancers notamment, de l’estomac, l’intestin grêle, les voies biliaires, les voies urinaires … Ces risques restent toutefois beaucoup plus faibles », explique auprès du centre anticancer Léon Bérard, le Dr Françoise Desseigne, cancérologue au sein de l’Unité d’oncologie digestive du département de médecine du Centre Léon Bérard et oncogénéticienne spécialiste du syndrome de Lynch.
Selon le site Orphanet, l’incidence des différents types de cancer varie en fonction du gène touché, du genre et de la population concernée. Le syndrome représente environ 3 % des cancers colorectaux et des cancers de l’endomètre.
Les chercheurs de Nouscom ont développé Nous-209. Ce vaccin d’immunothérapie, consistant en une primo-injection et un rappel, stimule le système immunitaire afin qu’il reconnaisse et élimine les cellules précancéreuses et les cancers à un stade précoce. Il fonctionne en présentant au système immunitaire des « cibles d’entraînement » provenant des cellules cancéreuses, afin qu’il puisse apprendre à repérer et à attaquer 209 protéines anormales communes aux cancers liés à l’instabilité des microsatellites, comme dans le syndrome de Lynch.
« Les stratégies de prise en charge actuelles des patients atteints du syndrome de Lynch – dépistages fréquents ou chirurgie préventive programmée – sont des interventions qui transforment leur vie et contribuent à prévenir le développement du cancer, mais peuvent considérablement altérer leur qualité de vie, a déclaré le Dr Eduardo Vilar-Sanchez, investigateur principal dans un communiqué du MD Anderson Cancer Center de l’université du Texas. En apprenant au système immunitaire à reconnaître et à attaquer les cellules anormales, cette thérapie offre une nouvelle approche prometteuse pour cette population de patients, qui présente un risque significativement plus élevé de cancers colorectal, de l’endomètre, urothélial et autres. »
Les réponses immunitaires ont été observées chez 100 % des patients. Elles étaient durables et détectables à un an chez 85 % des participants. Reste désormais à tester le vaccin sur une population plus large (ici, 45 participants) et à évaluer la durabilité de la réponse immunitaire.

Source : Inca, Centre Léon Bérard, Nature Medicine, MD Anderson Cancer Centre

Ecrit par : Dorothée Duchemin – Edité par : Vincent Roche