De tout temps, le thermalisme a eu ses critiques et ses sceptiques. Montaigne pensait que l’usage des eaux pouvait se montrer salutaire en médecine, bien que l’on y constatât « une bonne part de confusion et d’incertitude ».

Quant à Voltaire, il affirmait que les « voyages aux eaux » n’avaient été inventés que pour la distraction des femmes qui s’ennuyaient chez elles ! Cela ne l’empêchait pas de fréquenter Plombières pour soulager ses rhumatismes…

Aujourd’hui, l’intérêt thérapeutique des cures thermales est toujours contesté par certains. Faute d’une évaluation scientifique suffisante, l’impact économique des stations est bien mieux mesuré que les effets des eaux thermales sur la santé. Tout médicament doit être expertisé scientifiquement afin de prouver son efficacité. Le thermalisme lui, continue de s’appuyer sur la tradition d’un savoir empirique, et donc non scientifique. La qualité du « service médical rendu » de cette thérapeutique naturelle est donc encore assez mal appréciée.

Actuellement, on se penche tout juste sur la nécessité d’asseoir la crédibilité scientifique du thermalisme. Il était temps ! Les curistes sont questionnés sur l’état de leur douleur avant et après les soins. Il faut également déterminer les effets secondaires pour savoir si le bénéfice retiré est plus important que les désagréments encourus. Enfin, il s’agit de savoir si le coût des cures se justifie par rapport aux résultats. Pour cela, des experts et des sociétés savantes sont également consultés.
C’est dans le domaine des lombalgies chroniques que l’ANAES (Agence Nationale d’Accréditation et d’Evaluation en Santé) affecte au thermalisme sa meilleure note. L’opinion des patients confirme cette tendance. Ce n’est qu’un début et il y a bon espoir que, d’ici quelques années, des preuves concrètes de l’efficacité des cures thermales pour d’autres pathologies pourront être établies. Un véritable progrès pour le thermalisme, souvent dénigré par le corps médical. Mieux vaut tard que jamais !

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