Selon des scientifiques du CNRS, une toute nouvelle prothèse de bras serait capable de « décoder les mouvements » du membre fantôme. Soit cette impression de sentir son bras bouger malgré l’amputation.

« Environ 75% des personnes amputées présentent une mobilité de leur membre fantôme », décrivent des scientifiques du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), d’Aix-Marseille Université, et de Sorbonne Université*. Dans ce cas, la réalisation de mouvements volontaires à partir de la commande du cerveau est possible.

Les chercheurs ont donc développé « un prototype capable de détecter ces mouvements et d’actionner un bras prothétique ». Avantages et non des moindres, aucune intervention chirurgicale, ni périodes d’apprentissage pour le patient ne sont nécessaires.

Des algorithmes captent le mouvement

La prothèse réagit de façon autonome en captant le message cérébral. Mais comment ce dispositif fonctionne-t-il ? En fait, il mime un phénomène tout naturel chez l’Homme : la contraction musculaire qui, en cas de mouvement, recrute aussi les articulations et les tendons. Or chez le patient amputé du bras au-dessus du coude, « ces contractions impliquent des groupes musculaires qui n’ont aucun lien avec les articulations mobilisées avant l’amputation, comme si une réinnervation musculaire avait eu lieu de façon spontanée, sans chirurgie ».

Les scientifiques ont donc mis au point « des algorithmes capables de reconnaître les activités musculaires générées par la mobilisation du fantôme et de reproduire le mouvement détecté avec la prothèse : un contrôle intuitif, sans apprentissage ni chirurgie ».

Des tests rassurants ?

A ce jour, deux patients amputés du bras ont pu tester cette prothèse non portée pour commencer, mais située à proximité du bras. « Les participants ont été capables de maîtriser la prothèse et de mener à bien l’exercice après seulement quelques minutes de familiarisation avec le système, malgré des temps d’action allongés. »

Dans un avenir proche, les scientifiques vont poursuivre « leurs travaux en envisageant de passer à des tests de prothèses portées, tout en contribuant également à augmenter les connaissances sur le phénomène du membre fantôme dont les mécanismes ne sont pas encore parfaitement compris ».

*en collaboration avec les équipes de l’Institut des systèmes intelligents et robotiques (CNRS/Sorbonne Université), Institut des sciences du mouvement – Etienne-Jules Marey (CNRS/Aix-Marseille Université) et Institut régional de médecine physique et de réadaptation (UGECAM Nord-Est)

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