Une urgence en vol ? Des médecins en stress

[28 février 2018 - 15h11] [mis à jour le 28 février 2018 à 15h17]

Y-a-t-il un médecin dans l’avion ? La probabilité d’entendre ce message au cours d’un vol commercial est de plus en plus élevée. Or ce genre de situation est générateur de stress chez les praticiens, pas nécessairement formés à ces interventions. Afin de les aider à anticiper une éventuelle urgence en vol, une équipe canadienne a mis au point des recommandations et une vidéo d’information.

Devoir, à plus de 10 000 mètres d’altitude, intervenir pour une urgence médicale n’est pas évident. Même pour un médecin. Tous ne sont en effet pas formés à ces situations dont les causes les plus fréquentes sont la syncope, les symptômes respiratoires, les nausées et vomissements, les symptômes cardiaques et les crises convulsives, selon une étude nord-américaine. En outre, ils emportent rarement tout le matériel nécessaire en cas d’urgence. Heureusement, les compagnies aériennes sont tenues d’équiper leurs avions de plus de 100 sièges d’une trousse à pharmacie améliorée.

Un environnement contraignant

Des médecins du St Michael’s Hospital de Toronto (Canada) ont décidé de publier une série de recommandations, assorties d’une vidéo, à destination de tous les praticiens. Objectif, leur indiquer le contenu de la mallette d’urgence dans les avions, les informer sur les procédures à respecter en cas d’urgence en vol, sur les devoirs légaux et éthiques des médecins dans ces situations.

Les médecins apprendront ainsi comment adapter la mesure des signes vitaux dans une cabine en vol. D’une part car ceux-ci sont modifiés par l’altitude. D’autre part, parce que leur évaluation est entravée par ce contexte contraignant. Par exemple, le bruit des moteurs de l’appareil empêche d’utiliser efficacement un stéthoscope. Autre information d’importance : tous les médicaments injectables disponibles dans le kit médical de bord peuvent être administrés par voie intramusculaire. Enfin, dans tous les cas, un soutien médical au sol doit leur être offert par le biais d’un contact radio tout au long de la prise en charge.

Une probabilité en hausse

« Nous sommes conscients qu’un appel d’urgence médicale est inattendu et inquiétant pour un médecin mais tous ont l’obligation d’y répondre », rappelle le Dr Alun Ackery, principal auteur de ce travail. « Nous espérons que les conseils que nous avons élaboré permettent aux professionnels de santé d’aborder une telle situation avec moins de stress à l’avenir. »

A noter : au total, environ 2,75 milliards de passagers prennent l’avion chaque année dans le monde.

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