Vaccination contre la méningite B : les enseignements d’une épidémie locale

[09 octobre 2018 - 11h27] [mis à jour le 09 octobre 2018 à 11h33]

En 2016, une épidémie d’infections à méningocoque B est survenue dans le Beaujolais (Rhône). Les autorités sanitaires y ont donc lancé une campagne de vaccination. Non contraignant, ce dispositif n’a pas permis d’atteindre une couverture vaccinale optimale. Toutefois, d’après les rédacteurs du dernier Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH), cet épisode regorge d’enseignements pour les campagnes futures.

Une situation épidémique d’infections invasives à méningocoques liée à une souche unique de méningocoque B s’est déclarée en 2016 dans le Beaujolais (Rhône). Entre février et mars de cette année-là, 4 cas d’une même souche rare en France ont été rapportés. L’Agence régionale de Santé (ARS) a décidé de proposer la vaccination à la population âgée de 2 mois à 24 ans résidant dans la zone et aux personnes travaillant, étant gardées ou scolarisées sur ce même territoire.

Résultats, « la couverture vaccinale obtenue – de 47% pour une dose et 41% pour 2 doses – n’est pas optimum », indiquent les rédacteurs du BEH. Un retour « malheureusement habituel lors des campagnes de vaccination méningocoque en France ». C’est pour tenter de comprendre « le paradoxe d’une maladie perçue comme redoutable et le peu d’adhésion à la vaccination permettant de la prévenir » que les chercheurs ont mené ces investigations.

Des freins liés à la communication ?

L’ARS avait mis en place plusieurs possibilités d’accès à la vaccination, parmi lesquelles l’immunisation en milieu scolaire, dans les cabinets de médecins libéraux, dans des centres de vaccination publics et dans des centres communaux avec la mobilisation de réservistes sanitaires. Malgré ces efforts, de nombreux freins à la vaccination ont été observés.

L’indisponibilité initiale du vaccin en officine empêchant la participation des médecins libéraux en début de campagne fait partie de ces freins. De plus, « une méconnaissance du vaccin par les professionnels de santé ainsi qu’une certaine défiance de la population envers les vaccinations ont contribué pour partie à ces résultats », suggèrent les auteurs.

Afin d’améliorer l’adhésion à la campagne, « une information plus en amont des professionnels de santé [aurait] pu favoriser un rôle de relais plus efficace [de leur part] », soulignent les auteurs. En outre, « la définition du territoire et de la population cibles aurait mérité d’être partagée avec les élus et les associations de parents d’élèves au plus tôt pour faciliter la compréhension de la stratégie vaccinale ». En clair, davantage de transparence concernant les actions publiques est préconisée.

A noter : A ce jour, le vaccin contre le méningocoque B (Bexsero) ne fait pas l’objet d’une recommandation en population générale et ne bénéficie par conséquent pas d’une prise en charge par l’Assurance-maladie.

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