Ces 15 dernières années, l’accès à l’eau potable a fait un bond en avant à l’échelle mondiale. Pour autant, les ressources restent mal réparties. Et l’eau distribuée est bien souvent de mauvaise qualité dans de nombreuses régions du globe. En conséquence, une part importante de la population infantile est exposée à un risque élevé de déshydratation sévère. Pour protéger au mieux ces enfants, des chercheurs ont mis au point une méthode simple de diagnostic.

A l’échelle mondiale, une personne sur huit n’a pas accès à l’eau potable. Touchant principalement les pays en développement, cette situation est à l’origine de 3 millions de décès chaque année. Dans la population infantile, les maladies diarrhéiques en restent la principale origine. Une fragilité favorisant le risque de déshydratation sévère.

« DHAKA » en 4 points

Dans ces pays, les soignants sont souvent confrontés à des difficultés de diagnostic de la déshydratation sévère. Pour améliorer la situation, des chercheurs ont testé une méthode basée sur l’observation de 4 symptômes typiques et nommée « DHAKA ».

Un travail a été mené au Bengladesh, en deux temps : une première fois en 2014 auprès de 770 enfants de moins de 5 ans, une seconde fois en 2015 auprès de 469 petits de la même tranche d’âge. Tous étaient atteints d’une diarrhée liée au choléra ou à d’autres graves infections intestinales. Le bilan ? « Tous médecins et infirmières ont été capables de livrer le diagnostic d’une déshydratation sévère en deux minutes », en se concentrant sur ces 4 critères :

  • L’apparence générale: l’enfant présente-t-il des signes anormaux d’irritabilité, de fatigue accrue, d’état léthargique ou d’inconscience ?
  • La respiration : le souffle est-il normal, régulier, profond ?
  • Les réactions tactiles : après pincement de la peau, celle ci revient-elle immédiatement en place ?
  • Les sécrétions lacrymales : les yeux de l’enfant sont-ils normalement humides ou sont-ils secs ?

Après ces 4 points, les médecins procèdent à la pesée des enfants avant et après réhydratation.

Une méthode à déployer

Plus que toute autre méthode, « ce test aide à repérer les signes d’une déshydratation et à différencier les formes sévères des modérées », explique le Dr Adam Levine, principal auteur de l’étude et chercheur à l’Alpert Medical School of Brown University. Il s’avère d’ailleurs plus efficace que les « guides officiels de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) ».

« Dans les hôpitaux et les cliniques, la pénurie de liquides intraveineux et de lits se creuse de plus en plus. Il nous faut pallier ce manque de ressources en anticipant au maximum la survenue de la déshydratation sévère . Enfin pour améliorer la protection des enfants, les traitements oraux aujourd’hui limités doivent être exclusivement prescrits aux petits de moins de 5 ans diagnostiqués pour une déshydratation sévère ». 

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