Aliments transformés : les conservateurs associés à un risque accru de cancer et de diabète de type 2

08 janvier 2026

Deux études françaises font le lien entre le risque de cancer et celui de diabète de type 2, associé à une consommation élevée de conservateurs. Ces additifs alimentaires sont largement utilisés par l’industrie pour allonger la durée de vie des aliments et des boissons.

Les conservateurs appartiennent à la famille des additifs alimentaires. Ils sont largement utilisés dans les aliments et les boissons transformés selon des techniques industrielles pour prolonger leur durée de vie. Ils seraient en effet présents dans plus de 700 000 des quelque trois millions et demi d’aliments et de boissons répertoriés dans la base de données Open Food Facts World de 2024. Deux études distinctes, menées par des chercheurs français de l’Inserm, l’INRAE, l’université Sorbonne Paris Nord et l’université Paris Cité et du Cnam, mettent en lumière le lien entre ces conservateurs et les risques de cancer et de diabète de type 2. Ces travaux ont été publiés dans les revues The BMJ et Nature Communication.

Plus de 100 000 Français suivis entre 2009 et 2023

Pour parvenir à ces résultats, les scientifiques réunis au sein de l’équipe de recherche en épidémiologie nutritionnelle ont regroupé les additifs en deux catégories. D’un côté les conservateurs non-antioxydants (qui inhibent la croissance microbienne ou ralentissent les changements chimiques conduisant à la détérioration des aliments), de l’autre les antioxydants (qui retardent ou empêchent la détérioration des aliments en éliminant ou en limitant les niveaux d’oxygène dans les emballages). On les retrouve sur les emballages avec les codes européens compris entre E200 et E299 pour les premiers et entre E300 et E399 pour les antioxydants.

Les liens entre ces substances et le risque de cancer d’une part, et le risque de diabète de type 2 d’autre part, ont été analysés via, notamment, les données des 100 000 Français participant à l’étude NutriNet-Santé. Entre 2009 et 2023, ces adultes ont communiqué leurs antécédents médicaux, données sociodémographiques, habitudes en matière d’activité physique, ainsi que des informations sur leur mode de vie et leur état de santé. Ils ont aussi renseigné régulièrement leurs consommations alimentaires sur plusieurs périodes de 24 heures, précisant les noms et marques des produits industriels consommés. Combinant ces informations avec plusieurs bases de données concernant les aliments et boissons transformés, les chercheurs ont pu évaluer le niveau d’exposition des participants aux additifs alimentaires, dont les conservateurs. Ont également été pris en compte les facteurs de risque (mode de vie, tabac, alcool, alimentation…) susceptibles de biaiser les résultats.

Au cours de la période de suivi, 4 226 participants ont reçu un diagnostic de cancer, dont 1 208 cancers du sein, 508 cancers de la prostate, 352 cancers colorectaux et 2 158 autres cancers. « La consommation totale de conservateurs non-antioxydants était associée à une incidence accrue de cancer au global et de cancer du sein spécifiquement », précise l’Inserm dans un communiqué.

Une altération des voies immunitaires et inflammatoires ?

Seuls quatre conservateurs étaient individuellement associés au cancer. Mais une consommation plus élevée de plusieurs conservateurs, des non-antioxydants principalement, était associée à un risque plus important de cancer par rapport à une faible consommation (les sorbates, les sulfites et les acétates notamment). Du côté des conservateurs antioxydants, les érythorbates seuls étaient mis en cause. « Bien que d’autres travaux soient nécessaires pour mieux comprendre ces risques, les chercheurs notent que plusieurs études expérimentales ont observé que certains de ces composés peuvent altérer les voies immunitaires et inflammatoires, ce qui pourrait déclencher le développement d’un cancer », note l’Inserm dans un communiqué.

Concernant le diabète de type 2, 1 131 participants ont été diagnostiqués sur la période de suivi. « Des consommations plus élevées d’additifs conservateurs au global, de conservateurs non-antioxydants et d’additifs antioxydants étaient associées à une incidence accrue de diabète de type 2, respectivement de 47 %, 49 % et 40 %, comparé aux plus faibles niveaux de consommation », ajoute l’Inserm. Sur les 17 conservateurs étudiés individuellement, 12 étaient associés à un risque accru de diabète de type 2.

« Bien que les résultats de ces deux études doivent être confirmés, ils concordent avec les données expérimentales suggérant des effets néfastes de plusieurs de ces composés, explique Mathilde Touvier, directrice de recherche Inserm, coordinatrice de ces travaux. Ces travaux justifient une fois de plus les recommandations du Programme national Nutrition santé faites aux consommateurs de privilégier les aliments frais et peu transformés et de limiter autant que possible les additifs superflus. »

  • Source : Inserm

  • Ecrit par : Dorothée Duchemin - Edité par

Destination Santé
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