© Lomb/Shutterstock.com
On réduit souvent la santé sexuelle au fait de ne pas avoir de maladies. Mais la définition de la santé sexuelle est bien plus large. Que dit l’Organisation mondiale de la Santé à ce sujet ? Selon la définition officielle adoptée en 2002, « la santé sexuelle est un état de bien-être physique, émotionnel, mental et social associé à la sexualité. Elle ne consiste pas uniquement en l’absence de maladie, de dysfonction ou d’infirmité. La santé sexuelle a besoin d’une approche positive et respectueuse de la sexualité et des relations sexuelles, et la possibilité d’avoir des expériences sexuelles qui apportent du plaisir en toute sécurité et sans contraintes, discrimination ou violence. Afin d’atteindre et de maintenir la santé sexuelle, les droits sexuels de toutes les personnes doivent être respectés, protégés et assurés. La sexualité est un aspect central de la personne humaine tout au long de la vie et comprend le sexe biologique, l’identité et le rôle sexuels, l’orientation sexuelle, l’érotisme, le plaisir, l’intimité et la reproduction ».
La santé sexuelle est donc bien plus globale que la simple absence de maladie. Ce qu’expliquait récemment la sexologue Margaux Terrou, interrogée sur la masturbation féminine par Destination Santé. « La masturbation n’(a) pas été intégrée par les femmes comme une pratique à laquelle elles ont droit, contribuant à leur bien-être. Certains voient cela comme une futilité alors que le plaisir fait partie intégrante de la santé sexuelle, qui elle-même relève de la santé en générale, selon l’OMS ! La santé sexuelle, ce n’est pas que l’absence de maladie, c’est aussi l’état de bien-être ». Plaisir et bien-être font donc partie intégrante d’une bonne santé sexuelle.
Santé publique France liste l’ensemble des domaines relevant de la santé sexuelle :
La santé sexuelle repose sur trois piliers fondamentaux, l’autonomie, la satisfaction et la sécurité. Le premier implique que chacun puisse avoir le contrôle sur sa sexualité et choisir librement partenaires et pratiques. « Au-delà de la garantie des moyens de subsistance minimaux, au-delà des droits et de la protection publique, c’est l’accès aux outils et informations qui ouvrent ces possibilités, en permettant d’avoir un regard critique et autonome sur sa propre sexualité », note Santé publique France.
La satisfaction englobe quant à elle la notion de plaisir sexuel mais aussi « les dimensions sociales (adéquation de sa sexualité vécue ou de son potentiel avec ses aspirations propres, ses valeurs), psychiques (estime et image de soi) ou encore émotionnelles (présence et qualité des relations affectives) ».
Enfin, la sécurité sexuelle. Celle-ci est assurée notamment par les politiques de prévention qui doivent permettre à chacun de vivre une sexualité sans risque. Cela suppose aussi que chacun ait la capacité de percevoir les situations à risque et d’y apporter les réponses adéquates. Cela omplique un niveau suffisant de littératie en santé, soit la motivation et les compétences des individus à accéder, comprendre, évaluer et utiliser l’information en vue de prendre des décisions concernant leur santé, notamment leur santé sexuelle. Là encore, l’éducation a un rôle majeur à jouer, tant pour percevoir les situations à risque que pour ne pas mettre autrui en danger.

Source : Santé publique France, OMS

Ecrit par : Dorothée Duchemin – Edité par Emmanuel Ducreuzet