Cancer du sein métastatique : nouveaux progrès

[08 décembre 2011 - 17h10] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h49]

Bonne nouvelle ! Il y aurait « abondance de biens » dans la prise en charge d’une forme de cancer du sein particulièrement agressive, le cancer du sein métastatique HER-2 positif. C’est ce que suggère l’éditorial de la dernière livraison du New England Journal of Medicine. En fait, pas moins de quatre études faisant état d’avancées significatives dans ce domaine, ont été rendues publiques cette semaine à l’occasion d’un congrès à San Antonio (Texas), à deux pas de Fort Alamo (photo)

La voie de signalisation HER-2 est aujourd’hui bien connue de la communauté médicale… et même des fidèles lecteurs de Destination Santé. Elle est caractérisée par une augmentation très importante du nombre de récepteurs hormonaux de type HER-2, à la surface des cellules. Comme ces derniers ont la capacité de se fixer sur des facteurs de croissance tumorale, leur présence en grand nombre laisse augurer une croissance accélérée de la tumeur.

A San Antonio, trois études de phase III (randomisées, réalisées en double aveugle et contre placebo) ont donné des résultats positifs dans la prise en charge du cancer du sein métastatique HER-2 positif :
– C’est le cas de CLEOPATRA dont les résultats ont été publiés dans l’édition en ligne du New England Journal of Medicine (NEJM). Au cours de cette étude, les auteurs ont comparé au traitement standard, un traitement combiné par le pertuzumab – un nouvel anticorps monoclonal – l’Herceptin (trastuzumab) et une chimiothérapie (docétaxel). Le « standard » en l’occurrence, reposait sur la seule association Herceptin/docétaxel. Résultat, ils ont observé une amélioration de 6,1 mois de la survie sans progression de la maladie. Celle-ci est en effet passée de 12,4 à 18,2 mois, soit un allongement de 49% ;

– Au cours de l’étude AVEREL réalisée auprès de 424 patientes (60 centres dans le monde), les auteurs ont comparé deux associations thérapeutiques : Herceptin /docétaxel/Avastin (bevacizumab), au traitement standard (Herceptin/docétaxel). Ils ont ainsi constaté une amélioration de la survie de 2,9 mois ;

– Dans l’étude BOLERO-2 enfin, 724 femmes ménopausées ont été enrôlées. L’objectif de ce travail (également publié dans le NEJM) était d’évaluer l’innocuité de l’association thérapeutique Afinitor (everolimus)/exemestane par rapport à l’exemestane seule. Résultat, l’association des deux molécules a permis d’améliorer la survie sans progression de la maladie de 7,4 mois. Contre 3,2 mois avec l’exemestane seule.

Une réponse diminuée chez les patients obèses

Dans un autre travail, des auteurs se sont intéressés à la réponse au traitement de femmes obèses souffrant de ce même type de cancer. « Nous savions que l’obésité constituait un facteur de risque de cancer du sein », a expliqué le Dr Jennifer Crozier (Mayo Clinic- Jacksonville). Cependant, nous n’avions jamais exploré la relation entre l’indice de masse corporelle (IMC) et la réponse au traitement ».

Leurs résultats montrent effectivement que les patients obèses répondent moins favorablement au traitement que les autres. Toutefois l’adjonction d’Herceptin à la chimiothérapie pourrait égaliser la « durée de survie sans progression de la maladie entre les patients obèses et les autres ».

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