Comment apparaissent les mouvements de foule…

[20 avril 2011 - 15h44] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h44]

Comment réagit une foule confrontée au danger ? Question angoissante pour tous les experts de la sécurité publique. Pour y répondre, une équipe française du CNRS a élaboré un modèle théorique qui permet de simuler – et ainsi de mieux comprendre- la dynamique d’une foule en déplacement. Objectif : limiter les risques de bousculades, parfois mortelles, lors de grands événements.

Les auteurs font notamment référence aux catastrophes survenues en 2006 lors du pèlerinage de la Mecque (plus de 300 morts) ou en 2010, au cours de la Love Parade de Duisbourg en Allemagne (19 morts). Sans oublier encore le drame du Heysel survenu en Belgique en 1986, et où 39 supporters avaient péri dans un stade de football.

Ce travail a été réalisé par Mehdi Moussaïd et Guy Theraulaz, du Centre de Recherche sur la cognition animale (CNRS/Université Toulouse 3-Paul Sabatier), en collaboration avec Dirk Helbing de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich, en Suisse. Concrètement, ils partent du piéton isolé. D’une manière générale, celui-ci « cherche simplement à minimiser l’encombrement de son champ visuel en se dirigeant vers les espaces libres qu’il perçoit, tout en ajustant sa vitesse afin de conserver une distance de sécurité par rapport à l’obstacle le plus proche ».

Ensuite à mesure que la densité de piétons augmente, leur modèle « prédit l’émergence de nouveaux phénomènes, comme l’effet d’accordéon caractérisé par des vagues successives de mouvements vers l’avant, entrecoupées de périodes durant lesquelles les piétons s’arrêtent ». Et « au-delà d’un seuil critique de densité » nous expliquent les auteurs, « la combinaison de ces règles avec l’effet des contacts physiques entre piétons provoque spontanément de gigantesques bousculades collectives ».

A l’avenir, ce travail pourrait être utile aux architectes et urbanistes chargés d’aménager les zones piétonnes des centres-villes. Ou encore aux ingénieurs qui planchent sur la conception de bâtiments publics tels que les stades, les salles de concerts ou les gares.

L’illustration ci-dessus montre deux exemples de simulations du modèle « lorsqu’une foule importante circule dans une voie présentant un rétrécissement (à gauche), ou un changement de direction à 90° (à droite). La couleur indique l’intensité des pressions physiques subies par les individus. Les zones rouges mettent en évidence un risque important de bousculade. »

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