Une première en France. La Haute Autorité de Santé (HAS) publie des recommandations qui visent à définir les modalités de prise en charge de l’accouchement dit « normal ». L’enjeu étant, pour les femmes enceintes en bonne santé et qui présentent un faible risque obstétrical, de s’éloigner d’une forte médicalisation devenue quasiment systématique. Si elles le souhaitent bien sûr.

« Garantir la sécurité de la mère et de l’enfant tout en répondant à la demande des femmes de réduire au minimum nécessaire les interventions médicales » : voilà en effet l’objectif de ces recommandations qui reposent sur le concept « d’accouchement normal ».

Autrement dit, celui qui « débute de façon spontanée et ne s’accompagne que de faibles risques identifiés au début du travail », précise la HAS. « Cette situation perdure tout au long du travail et de l’accouchement. L’enfant naît spontanément en position du sommet entre 37 et 42 semaines d’aménorrhée ». La prise en charge et les modalités mises en place par l’équipe de la maternité sont ainsi adaptées pour respecter le rythme et la physiologie du travail et de l’accouchement.

Actrice de l’accouchement 

Présidente du Collège national des Sages-Femmes de France (CNSF), Sophie Guillaume qui a travaillé à l’élaboration de ces recommandations salue cette avancée. « Ces 20 dernières années, nous avons adopté des attitudes interventionnistes chez toutes les patientes, qu’elles soient malades ou non, simplement parce qu’elles étaient en état de grossesse physiologique. Ces recommandations permettent de fixer les limites par rapport à ce qui reste dans le champ de la physiologie et qui peut être accompli dans un environnement plus léger mais tout à fait sécuritaire bien sûr ».

Elle insiste toutefois sur « l’importance d’informer les femmes et les couples afin de les aider à faire des choix éclairés concernant leurs préférences et leurs attentes ». Une façon également, comme le souligne la HAS, de « rendre la femme actrice de son accouchement ».

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