Acides gras trans : les bannir, c’est sauver des vies !

[23 septembre 2015 - 09h36] [mis à jour le 23 septembre 2015 à 09h37]

Selon une étude très sérieuse, l’interdiction totale des acides gras trans dans l’alimentation industrielle en Angleterre pourrait permettre de sauver la vie de 7 000 personnes en 5 ans. Ces substances obtenues de manière technologique sont en effet de véritables poisons pour nos artères. Elles restent pour autant très utilisées par l’industrie agro-alimentaire. En Angleterre comme en France d’ailleurs…

Les acides gras trans (AGT) dits technologiques sont en réalité utilisés comme stabilisateurs et conservateurs. Ils permettent aux industriels de proposer des produits plus fermes et plus stables, donc moins sensibles au rancissement. Pizzas, viennoiseries, barres chocolatées, huiles de friture, biscuits… Autant dire que vous ne pouvez pratiquement pas y échapper.

Et pourtant vous devriez les fuir. L’ensemble des travaux scientifiques parvient aux mêmes conclusions. Une consommation excessive d’AGT dits technologiques (supérieurs à 2% de l’apport énergétique total) est associée à une augmentation du risque cardiovasculaire. Selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’Alimentation (ANSES), « ces effets néfastes passent par une augmentation du « mauvais » cholestérol (LDL) et une baisse du « bon » cholestérol (HDL) ». C’est bien simple, pour les scientifiques de l’Imperial College of London, leur interdiction serait synonyme de 7 200 décès en moins par maladie coronarienne en 5 ans.

La France à la traîne…

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a demandé l’élimination des acides gras trans dans la filière alimentaire mondiale en réponse à l’augmentation de la prévalence des maladies non transmissible. La Food and Drug Administration aux Etats-Unis s’est prononcée pour leur interdiction d’ici 2018. Le Canada a pour sa part mis en place une politique visant à réduire considérablement leur utilisation.

Au niveau européen, 5 pays se sont engagés dans cette voie tracée par un pionnier, le Danemark. C’est en effet en 2003 que ses dirigeants ont décidé de bannir cette substance. Il a été suivi par l’Autriche, la Hongrie, l’Islande, la Norvège et la Suisse. En France, si aujourd’hui aucune loi ne contraint les industriels, certains d’entre eux semblent avoir œuvré pour diminuer la présence des AGT. Malheureusement peu de chiffres sont disponibles. Et malgré la préconisation de l’ANSES de limiter les apports d’AGT d’origine technologique à 2% de l’apport énergétique total, les industriels ne sont aucunement contraints par cette recommandation.

A noter que les produits laitiers et les viandes ne sont pas concernés par cette augmentation du risque cardiovasculaire. S’ils contiennent bien des acides gras trans, ces derniers sont d’origine naturelle. Et comme l’indique l’ANSES, « aucune augmentation du risque cardiovasculaire n’a été mise en évidence avec la consommation d’acides gras trans d’origine naturelle, aux niveaux de consommation actuellement constatés en France ».

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