Aïe, les crabes ressentent vraiment la douleur…

[16 août 2013 - 14h38] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h57]

L’Association internationale pour l’étude de la douleur définit la douleur comme « une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable, associée à une lésion tissulaire». © Phovoir

Crabes, homards et langoustines. L’été, quoi de meilleur qu’un plateau de fruits de mer ? Si délicieux soient-ils, les crustacés subissent au moment de leur préparation une véritable torture : ébouillantés ou la carapace percée par une lame, alors qu’ils ont vivants ! La communauté scientifique tend à penser que les invertébrés – et donc les crustacés – ne ressentiraient pas la douleur. « Faux », rétorquent de très sérieux chercheurs irlandais qui ont mené l’enquête…

Sur le site du Parlement du Canada, il est noté que « les invertébrés ont un système nerveux réduit et qu’il y a consensus autour du fait qu’ils n’éprouvent pas de douleur». Des chercheurs de la Queen’s University de Belfast (Irlande du Nord) ont cherché à vérifier si les sursauts de certains crustacés au moment de les plonger dans l’eau bouillante n’étaient bien qu’une attitude « reflexe ».

Pour en avoir le cœur net, le comportementaliste animalier Robert Elwood a placé des crabes devant deux abris. En pénétrant dans le premier, les crustacés étaient soumis à de petits chocs électriques. Dans le second cas, ils avaient le champ libre… Résultat, les invertébrés ont rapidement abandonné le logement « électrique », préférant se réfugier dans le havre de paix.

« La douleur est difficile à évaluer, y compris chez les humains » a expliqué l’auteur à l’occasion de la Conférence internationale d’éthologie qui s’est tenue à Newcastle au début du mois d’août. Mais à ses yeux, le doute n’est pas permis : « le changement d’attitude des crabes est bien lié à l’idée de souffrance. »

Selon le chercheur, chaque année dans le monde, « des milliers de crustacées sont bouillis ou déchiquetés alors qu’ils sont encore vivants ». Elwood regrette en outre que ces animaux ne soient pas davantage « protégés » par les défenseurs de la cause animale… Et ce juste après avoir volontairement soumis les crabes à des décharges électriques…

Ecrit par : Vincent Roche – Edité par : David Picot

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