











Qu’il s’agisse de naproxen, d’ibuprofène, de diclofénac, de célécoxib ou de rofécoxib, le risque est avéré. Ce dernier est bien connu puisqu’il s’agit du… Vioxx, retiré du marché mondial en 2004 pour cause de risques cardio-vasculaires.
Toujours est-il que « durant la période d’étude se situant entre 1997 et 2009, certaines femmes ont pris cet AINS pendant leur grossesse », indique le Dr Anick Berard de la faculté de pharmacie de l’Université de Montréal et directrice de l’Unité de recherche sur les médicaments et la grossesse au CHU Sainte-Justine.
Au total, les données relevées concernent 51 755 femmes. Elles ont été analysées par des chercheurs de l’Université de Montréal et de l’Ecole nationale de la statistique et de l’analyse d’information de Rennes, en Bretagne. Parmi toutes ces patienters, 4 705 avaient subi une fausse couche avant la 20e semaine de grossesse. Dans ce groupe, 7,5% avaient été exposées à des AINS durant la grossesse. Parmi les 47 050 femmes de l’autre groupe, celles qui n’avaient pas subi de fausse couche, seulement 2,6% avaient pris des AINS.
« Mise à part l’aspirine, l’utilisation des AINS en début de grossesse multiplierait par 2,4 le risque d’ avortement spontané », souligne Anick Berard. Ces résultats laissent à penser qu’« il s’agit d’un effet de classe ». C’est-à-dire que tous les AINS sont concernés. Et si le risque le plus élevé était associé au diclofénac, et le moins élevé au rofécoxib, « les doses ne semblent pas avoir d’influence sur le niveau de risque ». En conclusion, « les AINS exception faite de l’aspirine, devraient être utilisés avec précaution pendant la grossesse », estiment les auteurs. En cas de besoin, consultez toujours votre médecin avant toute prise médicamenteuse.
Source : Université de Montréal, 6 septembre 2011 ; Canadian Medical Association Journal, 6 septembre 2011
Recevez chaque jour par e-mail les dernières actualités santé.