Alcoolisation fœtale : le cerveau affecté pour la vie

[11 août 2014 - 09h59] [mis à jour le 11 août 2014 à 10h00]

Grave retard de croissance, altérations de la face – ou dysmorphie faciale – malformations cardiaques, rénales et surtout cérébrales à l’origine d’une déficience intellectuelle et de troubles comportementaux. Les enfants ayant été exposés à l’alcool dans le ventre de leur mère souffrent de plusieurs atteintes. Pour savoir si les dysfonctionnements cérébraux se poursuivaient dans le temps, des chercheurs américains ont mené une étude à l’aide d’IRM fonctionnelles.

Afin de déterminer si l’activité cérébrale des enfants souffrant d’un syndrome d’alcoolisation fœtale se développait comme celle des enfants sains, une équipe de The Saban Research Institute of Children’s Hospital Los Angeles a comparé un groupe de chaque pendant 2 ans. A l’aide d’une imagerie par résonance magnétique (IRM) fonctionnelle, les scientifiques ont observé l’activité cérébrale des enfants, pendant qu’ils effectuaient des exercices mentaux, comme de repérer des objets dans l’espace.

Résultat, « nous avons observé d’importantes différences entre les groupes en matière d’activité cérébrale », indique Elisabeth Sowel, principal auteur de l’étude. Et ce, bien que les performances dans l’exercice ne soient pas plus mauvaises. « Le groupe d’enfants sains voit l’intensité du signal cérébral augmenter avec le temps. De leur côté, les enfants souffrant du syndrome d’alcoolisation fœtale connaissent en revanche une baisse de l’activité cérébrale, en particulier dans les régions frontales, temporales et pariétales. »

Chez une personne saine, la période de l’enfance et de l’adolescence est cruciale pour son développement cérébral. Sa capacité de mémoire et d’attention augmente avec le temps. Ce travail suggère que l’exposition à l’alcool pendant la vie fœtale peut altérer ce développement sur le long terme.

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