Aliments ultra-transformés : dangereux… même sans excès

29 août 2025

Une nouvelle étude met en lumière les effets délétères de la consommation d’aliments ultra-transformés sur la fertilité masculine, la prise de poids et la santé cardiovasculaire. Et ce, indépendamment d’un apport calorique excessif.

Risque de troubles métaboliques (surpoids, diabète, hypertension…), de cancers, de maladie de Crohn, voire de symptômes dépressifs… Plusieurs études alertent sur les effets délétères pour notre santé des aliments ultra-transformés (AUT). Ces aliments, ce sont ces produits fabriqués selon des processus industriels, contenant plusieurs ingrédients tels que des graisses, du sucre, du sel et des additifs non utilisés dans les produits faits maison. Une nouvelle étude, supervisée par le biologiste Romain Barrès, chercheur à l’Institut de Pharmacologie Moléculaire et Cellulaire – IPMC (CNRS/INSERM/Université Côte d’Azur), discrédite encore davantage ces aliments, qui représentent pourtant 80 % des produits disponibles en supermarché.

Si plusieurs études ont montré qu’un régime riche en AUT entraînait une surconsommation calorique par rapport à un régime peu transformé, ce résultat était-il lié à la nature des aliments ou à l’excès de calories ? L’étude publiée dans la revue Cell Metabolism, le 28 août apporte un nouvel éclairage sur le mode d’action des aliments.

Des spermatozoïdes moins mobiles

Une quarantaine d’hommes jeunes ont suivi deux régimes successifs : l’un basé sur des produits ultra-transformés, l’autre sur des produits non ou peu transformés. Dans un premier sous-groupe, les participants recevaient des calories en quantité adéquate en fonction de leur poids, leur âge et leur niveau d’activité physique. Dans le second, ils recevaient un excès de 500 kcal quotidiennement, qu’ils suivent le régime peu transformé ou ultra-transformé.

A quantité calorique identique, le régime constitué d’AUT « a entraîné une prise de poids, une augmentation de la masse corporelle, ainsi qu’une augmentation du ratio LDL/HDL, un indicateur du risque cardiovasculaire. Certains changements hormonaux ont aussi été observés, comme la baisse de deux hormones impliquées dans le métabolisme et la fertilité masculine (respectivement l’hormone GDF-15 et la FSH) », a précisé le CNRS dans un communiqué. Une baisse du nombre de spermatozoïdes mobiles a également été observée.

L’argument « excès calorifique » écarté

Fractionnement, cuisson, hydrogénation, émulsifiants, antioxydants… les processus industriels impliquent de nombreuses étapes et l’ajout de nombreux additifs. Ce qui, note le CNRS, accroît mécaniquement le risque de contamination par des polluants industriels. Dont des perturbateurs endocriniens ? « La mesure de polluants et pesticides dans le sang et le liquide séminal des participants révèle des changements dans les taux de lithium sanguin (un faible taux de lithium, est associé, entre autres, à des problèmes de fertilité, ndlr) et d’un plastifiant (le phtalate cxMINP), un perturbateur endocrinien, qui se trouve en quantité plus élevée dans le sang et le liquide séminal après le régime ultra-transformé. » Ce résultat n’a pas été observé chez les participants qui s’alimentaient avec des produits peu ou pas transformés, même chez ceux qui consommaient trop de calories.

Avec ou sans calories excessives, le régime ultra-transformé était associé à des niveaux moins élevés des hormones FSH (Follicle Stimulating Hormone) et testostérone, une quantité moins importante de spermatozoïdes, une masse grasse plus importante, un rapport LDL/HDL plus élevé, moins de lithium et davantage de phtalate dans le sang et le liquide séminal.

  • Source : CNRS, Cell Metabolism

  • Ecrit par : Dorothée Duchemin – Edité par Vincent Roche

Destination Santé
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