Les pays développés connaissent une explosion des allergies. Leur incidence est multipliée par deux tous les dix ans. S’il existe une prédisposition génétique à l’apparition de ces maladies, d’autres facteurs en expliquent l’émergence.

Le Pr Pierre Scheinmann, chef de service de Pneumo-Pédiatrie à l’hôpital Necker de Paris s’est posé la question suivante, « Naît-on ou devient-on allergique ? » Il a ainsi expliqué que « dans des familles d’allergique, si les deux parents sont allergiques, leurs enfants présentent 50% de risque d’être également touchés. Si un seul parent est concerné, le risque chute à un tiers et à 10% quand aucun des parents n’est atteint ». D’une certaine manière, des enfants peuvent donc naître allergiques.

Cependant la génétique ne peut pas elle seule tout expliquer. Des facteurs environnementaux participent aussi à l’émergence de cette « épidémie » allergique. Parmi les hypothèses actuellement débattues, le Pr Pierre Scheinmann a retenu que « l’exposition très précoce aux allergènes majore le risque de développer ultérieurement des allergies. » Pollution, tabagisme passif, infections virales (brionchiolites) jouent un rôle majeur d’aggravation des manifestations allergiques.

Plusieurs moyens permettent de limiter l’apparition de la pathologie allergique au cours des premiers âges de la vie. Chez le nourrisson, il a par exemple été démontré que le fait de retarder la diversification alimentaire prévenait les allergies. Une fois la maladie installée, l’éviction des allergènes reste le moyen le plus efficace d’éviter l’expression des symptômes allergiques. Et pour le Pr Pierre Scheinmann, « la lutte contre le tabagisme et la pollution permettrait d’améliorer la vie des patients souffrant d’allergies respiratoires ».

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