Comment repérer au plus tôt les premiers signes de la maladie d’Alzheimer ? Quelle prise en charge enclencher dès le diagnostic pour ralentir au maximum la perte d’autonomie cognitive ? Et par quelles alternatives pourrait-on diminuer la prescription de médicaments ? La ministre en charge de la Santé répond à ces questions.

Les nouvelles mesures publiées ce mardi 11 avril par Marisol Touraine viennent améliorer le dépistage, le diagnostic et la prise en charge de la maladie d’Alzheimer. Cette maladie neurodégénérative caractérisée par une dégradation progressive et irrémédiable de la mémoire et des capacités cognitives du sujet âgé. Le fil conducteur de ces recommandations se trame autour de la place des médicaments, des aidants et de l’accompagnement médico-social. Dans cette lignée, la ministre en charge de la Santé propose de :

  • Mieux reconnaître la place des médecins généralistes dans la prévention, l’accompagnement et le parcours de soins. A compter du 1er novembre 2017, le prix des consultations visant à informer les patients et à définir un traitement face à une maladie neurodégénérative sera valorisé à 60 euros. Les médecins auront aussi la possibilité de réaliser 3 visites à domicile chaque année, tarifées 70 euros. « La durée pourra être adaptée aux besoins de la personne, en fonction du stade de sa maladie ou des pathologies associées, de la présence ou non d’un aidant pour l’accompagner… » ;
  • Sensibiliser le corps médical au diagnostic et à la prise en charge de la maladie d’Alzheimer. Un programme de formation, préparé avec le Collège de la médecine générale de France (CMGF) et dédié aux maladies neurodégénératives, sera proposé aux professionnels ;
  • Favoriser l’ouverture de 20 unités cognitivo-comportementales supplémentaires en France dont la moitié sera effective en 2017.

Des médicaments inefficaces ?

Ces décisions corroborent le contenu du rapport « Quel parcours pour les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer », rédigé par le Pr Michel Clanet. Président du comité de suivi du Plan maladies neurodégénératives 2014-2019, ce dernier a été saisi par la ministre en charge de la Santé suite à la prise de position remarquée de la Haute autorité de Santé (HAS). Le 21 octobre 2016, cette dernière avait en effet « jugé insuffisant le service médical rendu par les médicaments indiqués dans le traitement symptomatique de la maladie d’Alzheimer ».

Dans la foulée s’est posée la question du maintien du remboursement de ces molécules. A cette question, Marisol Touraine a joué la carte de la précaution en s’engageant à ne « dérembourser aucun médicament tant qu’il n’existerait pas de parcours de soins garantissant une prise en charge adaptée ». D’ailleurs « ce n’est qu’au terme de la mise en œuvre de ces mesures que la question du maintien ou non du remboursement des médicaments aujourd’hui prescrit pourra se poser », a-t-elle confirmée.

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