Aphasie : être bilingue, ça peut aider

[09 octobre 2013 - 09h03] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h58]

On compte plus de 300 000 aphasiques en France. @Phovoir.

Il était déjà connu que le fait de maîtriser plusieurs langues vivantes était bénéfique pour la mémoire. Mais le bilinguisme pourrait également favoriser une récupération plus rapide de la parole chez les patients souffrant d’aphasie, comme le suggère une chercheuse canadienne.

 Ana Inés Ansaldo et son équipe ont voulu savoir si le bilinguisme était un frein ou au contraire un levier dans le traitement de l’aphasie. A l’issue de leurs travaux, les scientifiques du Centre de recherche de l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal (IUGM) ont conclu que c’était bel et bien un atout supplémentaire. Ils ont également établi trois pistes d’intervention afin de favoriser les transferts naturels de l’apprentissage d’une langue à l’autre.

Entraîner la langue la plus faible. Pour l’orthophoniste, il importe de bien analyser le degré de maîtrise de chacune des langues avant et après l’apparition de l’aphasie. L’objectif est de choisir celle qui sera davantage susceptible de donner des résultats positifs. En général, les études ont montré qu’entraîner la langue la plus faible (avant ou après l’apparition de l’aphasie) est plus efficace

Travailler les mots apparentés. Par exemple, stimuler le mot « table » en français facilitera la récupération du mot « table » en anglais, car ils ont le même sens et des sonorités semblables en français et en anglais. Au contraire, les faux-amis, autrement dit les mots qui ont la même sonorité mais pas le même sens dans les deux langues, peuvent entraîner de la confusion.

Jouer sur les associations d’idées. Les thérapies sémantiques (reliées au sens des mots) favorisent les transferts linguistiques. En effet, travailler sur les attributs sémantiques d’un mot permet de « réveiller » l’autre langue de façon naturelle. Par exemple, si pour le mot « chien » on associe les idées « animal domestique », « quatre pattes » et « Fido », la version anglaise du mot risque de revenir naturellement, soit « dog ». Mais en travaillant uniquement le son « chien », on ne stimulera pas l’autre langue.

Ecrit par : Aurélia Dubuc – Emmanuel Ducreuzet 

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