Apprendre en dormant ?

[09 août 2017 - 15h52]

La communauté scientifique a déjà démontré qu’il était possible de consolider nos connaissances acquises dans la journée pendant la nuit. Et des chercheurs du CNRS viennent de montrer qu’en fonction de nos phases de sommeil, notre cerveau était capable d’apprendre, mais également d’oublier.

En exposant des sujets à des stimuli sonores répétés, des chercheurs du CNRS ont réussi à démontrer que, dans certaines phases du sommeil, le cerveau est capable d’apprendre des sons récurrents. Ces derniers peuvent aussi être oubliés durant les phases de sommeil les plus profondes.

« Le cerveau humain possède une capacité surprenante d’apprentissage : il peut mémoriser un signal auditif dénué de sens dès lors que celui-ci est répété », indique le CNRS. « Ainsi, le bruit blanc, comme le son produit par une radio lorsqu’elle ne reçoit pas de signal, peut être appris après seulement quelques présentations, sans même que l’on ait besoin d’y prêter attention.

Oublier pour faire le tri ?

Les chercheurs* ont choisi cette stimulation auditive passive, particulièrement bien adaptée au sommeil, pour explorer le lien entre apprentissage et sommeil. Ils ont exposé des volontaires à des bruits intégrant des sons répétés pendant leur sommeil et suivi leur activité cérébrale par électroencéphalographie.

L’analyse a montré que les sujets reconnaissent les bruits qu’ils ont entendus pendant leur sommeil paradoxal et leur sommeil lent léger. Ces observations révèlent la capacité de notre cerveau à apprendre durant ces deux phases. A l’inverse la phase de sommeil lent profond permettrait une forme d’oubli nécessaire pour éviter l’accumulation de souvenirs jour après jour.

*Laboratoire de sciences cognitives et psycholinguistiques (CNRS/ENS Paris/EHESS) en collaboration avec le laboratoire des systèmes perceptifs (CNRS/ENS Paris) et le Centre du sommeil et de la vigilance (AP/HP Université Paris Descartes) de l’hôpital Dieu.

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