Violences conjugales : seule 1 femme sur 20 interrogée par son généraliste

06 mars 2026

Alors qu’on dénombre plus de 200 000 femmes victimes de violences physiques et/ou sexuelles commises par leur ancien ou actuel partenaire intime chaque année, l’enjeu est bien le repérage. Là, les médecins généralistes ont un rôle clé à jouer. Abordent-ils systématiquement ce sujet en consultation ? La HAS constate que le repérage des violences faites aux femmes progresse… à petits pas.

Après avoir publié des recommandations de bonnes pratiques sur le repérage des femmes victimes de violences au sein du couple, la Haute autorité de santé (HAS) a mis en place, en 2022, un baromètre destiné à suivre l’évolution des pratiques des médecins généralistes. L’institution a dévoilé jeudi 5 mars la troisième mesure de ce baromètre (2025) réalisé par l’institut d’études BVA. Concrètement, ce dispositif consiste à interroger les femmes afin de savoir si le sujet est systématiquement abordé en consultation, même en l’absence de signe d’alerte, et particulièrement dans les contextes de grossesse et de post-partum, ainsi qu’à évaluer leur perception de cette démarche. En effet, un repérage précoce est primordial, car les faits de violence s’aggravent et s’accélèrent avec le temps. Par ailleurs, la violence au sein du couple concerne tous les âges de la vie et tous les milieux sociaux et culturels.

5 % des femmes questionnées en consultation

Parmi les enseignements de ce nouveau baromètre, le fait que le repérage des violences faites aux femmes progresse, mais de manière encore lente, en médecine générale : en 2025, 1 femme sur 20 déclare avoir été interrogée sur ce sujet lors d’une récente consultation (contre 1 sur 33 en 2022, soit + 67 %).

Par ailleurs, 17 % des femmes déclarent avoir été interrogées sur leur relation de couple (+ 21 % par rapport à 2022). A titre de comparaison, 26 % ont été questionnées sur leur consommation d’alcool, 37 % de tabac et 61 % sur leur activité physique.

À noter que cette proportion est plus élevée chez les femmes enceintes, signe que la grossesse est mieux reconnue comme situation à risque.

Un réflexe apprécié des patientes

Les patientes accueillent toujours très favorablement cette démarche : 97 % estiment que le questionnement systématique de toutes les femmes pour détecter d’éventuelles violences, présentes ou passées, est une bonne chose, et s’inscrit dans le cadre d’une démarche préventive ou diagnostique. Cette adhésion est quasi unanime, quels que soient l’âge, la situation ou le profil des répondantes, renforçant la légitimité et l’importance de ce questionnement systématique en médecine générale. Lorsque le sujet a été évoqué avec le médecin, les femmes décrivent qu’il a été abordé sans détour ni brutalité. L’échange est perçu comme bienveillant.

1 femme sur 5 a déclaré subir ou avoir subi des violences

Parmi les 876 répondantes, 1 femme sur 5 a déclaré subir ou avoir subi des violences (verbales, psychologiques, sexuelles, etc.) de la part de son partenaire. Les femmes victimes de violences ont une perception encore plus positive du questionnement systématique par le généraliste : elles sont par exemple 89 % à trouver celui-ci rassurant et 72 % à le qualifier de source de soulagement.

Améliorer le repérage des violences permettrait de mieux prendre en charge 2,5 fois plus de femmes

Parmi les 177 femmes victimes interrogées dans l’enquête, à la question « En avez-vous parlé à votre médecin ? », 5 % ont répondu par l’affirmative, comme évoqué précédemment : « oui, parce qu’il m’a questionnée ». 21 % ont répondu : « oui, je lui en ai parlé moi-même ». 35 % ont toutefois répondu : « non, mais je pense ne jamais lui en parler ».

3919 Violences Femmes Info

Le 3919 est le numéro d’écoute national destiné aux femmes victimes de violences, à leur entourage et aux professionnels concernés.

En moyenne, en France, 219 000 femmes âgées de 18 à 75 ans sont victimes chaque année de violences physiques et/ou sexuelles commises par leur ancien ou actuel partenaire intime. Seules 19 % de ces victimes déclarent avoir déposé plainte auprès des autorités à la suite de ces violences. En 2024, 403 tentatives d’homicide au sein du couple ont également été recensées. Cette même année, les féminicides ont connu une hausse de 11 % : 107 meurtres de femmes ont été recensés en un an.

  • Source : Recommandation de bonne pratique - Mis en ligne le 23 nov. 2022 ; Ministère de l'Intérieur, communiqué du 29 octobre 2025 ; Synthèse de l’enquête Verian-HAS | Novembre 2025, parue en février 20026.

  • Ecrit par : Hélène Joubert - Edité par Emmanuel Ducreuzet

Destination Santé
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