Arrêt du tabac : la rechute fait partie du processus
04 novembre 2024
Novembre marque traditionnellement le Mois Sans Tabac. Si l'objectif est de tenir la cigarette éloignée tout au long de novembre, et bien au-delà, il ne faut pas être trop dur avec soi-même en cas de rechute, que ce soit dans quelques jours ou dans plusieurs mois. Christiane Pochulu, vice-présidente de Santé respiratoire France et d'Alliance contre le Tabac, explique pourquoi les rechutes dans le sevrage font partie du processus d'arrêt du tabac.
La rechute est une expérience douloureuse pour les fumeurs. Les statistiques montrent qu’elle survient entre 4 et 6 fois au cours du processus d’arrêt. Les addictologues considèrent même qu’elle fait partie de « l’aventure » de l’arrêt du tabac. La rechute est donc la norme, et non l’exception. « Ce terme d’aventure est bien choisi, explique Christiane Pochulu, patiente experte souffrant d’une BPCO (bronchopneumopathie chronique obstructive), car chaque tentative d’arrêt représente une occasion d’apprendre et de découvrir comment se libérer de la nicotine. Le jour où l’on arrête définitivement, on s’appuie sur l’ensemble de ses expériences passées. »
Les rechutes, une étape vers le sevrage tabagique
Comme l’assure Christiane Pochulu, la rechute pendant le sevrage tabagique n’est ni une malédiction, ni une incapacité personnelle à arrêter, ni même un manque de volonté. C’est une étape de l’aventure. « Peut-être une situation vous a-t-elle piégé, ou bien une émotion forte vous a submergé : trop de joie, de tristesse, de stress ou de colère ? Vous avez alors allumé une cigarette, pour vous consoler, vous détendre ou même vous récompenser. Ou peut-être que la méthode que vous utilisez pour arrêter de fumer n’est pas celle qui vous convient. Les substituts nicotiniques, par exemple, sont efficaces tant qu’ils sont utilisés, mais leur effet ne dure pas au-delà. »
Rechuter est une occasion d’apprentissages. Mais lesquels ?
Vous avez rechuté, et la culpabilité vous ronge. Vous vous sentez malheureux. Pourtant, même si sortir du tabagisme vous paraît lointain, voire impossible, détrompez-vous : la bonne nouvelle est que vous n’avez rien perdu. Vous avez même progressé. Parvenir à vous libérer du tabac reste tout à fait possible et Christiane Pochulu a listé quatre enseignements dont il faut prendre conscience :
- À travers ces rechutes, vous avez acquis de l’expérience et de précieuses leçons. D’abord, vos tentatives pour arrêter de fumer vous ont permis de vous familiariser avec les symptômes du sevrage, qu’ils soient physiques ou émotionnels, agréables ou difficiles. Vous avez aussi compris que, bien qu’il s’agisse d’une étape délicate, elle n’est que temporaire.
- Vous avez réussi à repérer vos déclencheurs : ces événements heureux ou douloureux, souvent liés à des émotions intenses, qui ont ravivé votre envie de fumer et entraîné la rechute. Vous êtes donc désormais bien plus conscient de vos vulnérabilités face à la cigarette et des pièges qu’elle vous tend. Elle semblait être une bonne amie, toujours présente et disponible, mais vous avez fini par comprendre qu’en réalité, elle est une ennemie qui ne vous veut aucun bien.
- Vous avez eu l’occasion de réfléchir au plan d’action que vous aviez choisi : l’avez-vous suivi à la lettre, surtout s’il avait été établi avec votre médecin traitant ou un tabacologue ? Était-il bien adapté à votre situation ? Avez-vous reçu le soutien nécessaire ? Répondre à ces questions vous rend plus averti pour éviter les pièges du tabac.
- Vous savez désormais que vous avez été capable d’arrêter de fumer, vous en avez fait la preuve. Alors reprenez le chemin de l’aventure !
Pour aller plus loin :
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Source : Interview de Christiane Pochulu, patiente experte BPCO et vice-présidente de Santé respiratoire France et d’Alliance contre le tabac
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Ecrit par : Hélène Joubert - Édité par Emmanuel Ducreuzet