Les anti-inflammatoires non stéroïdiens, les AINS, sont les médicaments classiques pour lutter contre la douleur et l’inflammation, dans toutes les maladies rhumatismales et en particulier l’arthrose. L’aspirine, née il y a plus de 100 ans en est le prototype.

En fait, les AINS ont depuis longtemps prouvé leur efficacité dans l’arthrose. Mais on sait également trop bien qu’ils peuvent être nocifs pour la muqueuse de l’estomac, provoquant des douleurs, voire des hémorragies ou des ulcères. Or ces médicaments par ailleurs bien utiles doivent tous leur efficacité à un même mécanisme : ils bloquent l’action d’une enzyme, la cyclo-oxygénase, (en abrégé COX) impliquée dans la douleur et l’inflammation.

Comme l’explique le Pr Marc Hochberg de Baltimore, aux Etats-Unis, « au début des années 90, on a découvert que la COX existait en fait sous deux formes dans l’organisme. On les a baptisées respectivement COX 1 et COX 2. La première favorise la fabrication du mucus qui protège la paroi de l’estomac contre l’acidité du liquide gastrique. La seconde quant à elle, apparaît dans les régions enflammées. Et c’est elle qui provoque la douleur, mais aussi la fièvre. »

Les AINS traditionnels bloquent à la fois les deux enzymes. Ce qui explique qu’ils ne permettent pas de traiter efficacement les douleurs sans risquer du même coup les maux d’estomac. « Les chercheurs ont tenté de dissocier ces deux effets. Ainsi, sont nés récemment de nouveaux AINS capables d’inhiber la COX 2 sans agir sur la COX 1 », explique Hochberg. « Aussi efficaces sur la douleur et l’inflammation que le sont les AINS classiques, ils n’augmentent pas pour autant le risque de complications gastriques. » Un avantage considérable pour tous ceux qui, du fait de douleurs plus ou moins permanentes, doivent prendre des AINS.

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