Asthme : le mécanisme d’attaque des allergènes

[27 mars 2018 - 10h29] [mis à jour le 27 mars 2018 à 17h19]

Moisissures, acariens ou encore poils de chats… Une équipe de chercheurs français vient de découvrir comment agissent ces allergènes. Malgré leurs différences, ils font tous réagir de la même manière une protéine, l’interleukine-33 (IL-33). Laquelle pourrait donc logiquement devenir une cible thérapeutique.

Que se passe-t-il dans l’organisme d’un allergique pour déclencher une crise d’asthme ? Une équipe de l’Inserm et du CNRS* vient de révéler qu’une seule et même protéine – l’interleukine-33 (IL-33) – était en cause. « Une fois dans les voies respiratoires, les allergènes libèrent leurs protéases (des enzymes) qui découpent l’IL-33 en fragments hyperactifs à l’origine des réactions en chaîne responsables des symptômes allergiques », expliquent les auteurs. Parmi lesquels la crise d’asthme.

Ce mécanisme semble similaire quel que soit l’allergène. En effet, « la protéine s’est montrée capable de détecter chacun des 14 allergènes testés, parmi lesquels certains sont présents dans l’air ambiant (plusieurs types de pollens, des acariens, des spores de champignons) et d’autres impliqués dans l’asthme professionnel (comme la subtilisine utilisée dans des détergents) », notent les scientifiques.

Un gène pointé du doigt

Autre observation, « le gène codant pour l’IL-33 est reconnu comme étant l’un des principaux gènes de prédisposition à l’asthme chez l’humain ». Par conséquent, « empêcher la production des fragments hyperactifs de l’IL-33 après une exposition aux allergènes pourrait, par exemple, permettre de limiter les réactions allergiques sévères chez les patients asthmatiques », suggèrent les auteurs.

*au sein de l’Institut de pharmacologie et de biologie structurale (IPBS, CNRS/Université Toulouse III – Paul Sabatier)

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