Les patients souffrant d’allergies respiratoires savent bien que leur domicile, et tout particulièrement leur chambre, peut être un environnement hostile. Les micro-organismes qui s’y logent peuvent en effet être déclencheurs de crises, d’asthme notamment. Afin de déterminer ce qu’est un logement à risque en la matière, une étude est en cours au CHRU de Besançon.

Poils de chiens et de chats, acariens, bactéries ou encore champignons… Les éléments présents dans l’environnement et pouvant être sources d’allergie et/ou d’asthme sont nombreux. Afin de « déterminer avec précision quels sont les facteurs biologiques présents au domicile et impliqués dans le développement de l’asthme », le service de parasitologie mycologie du CHU de Besançon coordonne l’étude Embrase*.

Dans ce travail, les chercheurs ont placé des capteurs électrostatiques à poussière dans les chambres de 3 193 enfants âgés de 5 ans. Ceux-ci leur permettront d’effectuer des prélèvements qui seront ensuite « analysés en laboratoire par des méthodes moléculaires PCR quantitative en temps réel** mais également par métagénomique ciblée*** ». Objectif : déterminer quelles cibles (moisissures, acariens, bactéries, chien, chat, blatte…) possèdent un caractère allergisant ou, au contraire, potentiellement protecteur vis-à-vis des maladies allergiques.

Cocktail environnemental à risque

Ce travail a pour but de compléter la précédente étude menée en 2011 auprès de ces mêmes enfants, alors nouveau-nés. Les prélèvements d’alors avaient permis de déterminer 20 cibles à étudier. Les résultats du travail d’Embrase devrait enrichir ce panel. D’autant que cette fois, « des données de santé ont également été recueillies [chez ces enfants], comme l’apparition de pathologies respiratoires et la survenue d’un asthme notamment ».

« L’analyse de toutes ces données permettra de définir la composition de la flore et des allergènes auxquels les enfants ont été et sont encore exposés, et ainsi, de définir le cocktail de micro-organismes et/ou allergènes qui définit un logement à risque », expliquent les chercheurs. « A terme, ces données pourraient permettre de disposer d’informations suffisamment précises pour imaginer et concevoir un test diagnostic intérieur rapide et portatif. »

A noter : en France, l’asthme affecte plus de 3 millions de personnes. Lié à des prédispositions génétiques, il est aussi causé par l’environnement.

*Embrase « Environnement MicroBiologique et Risque Allergique, Suivi des Enfants à 5 ans » est lié à la cohorte ELFE3 (Etude Longitudinale Française durant l’Enfance, incluant 18 000 enfants nés en 2011 qui seront suivi jusqu’à l’âge de 18 ans)

**La PCR quantitative en temps réel permet de quantifier la présence d’un organisme dans un environnement donné en se basant sur la détection spécifique et l’amplification de son ADN

***La métagénomique ciblée est basée sur l’amplification et le séquençage de régions d’ADN ciblées par séquençage haut débit

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