Attentats : les images, causes de stress post traumatique ?

[13 novembre 2018 - 10h47] [mis à jour le 13 novembre 2018 à 10h51]

Trois années se sont écoulées depuis les attaques terroristes meurtrières survenues à Paris en 2015. Afin d’évaluer l’impact des images des attentats dans les médias, Santé publique France a étudié le lien entre l’intensité du visionnage et le risque de syndrome de stress post-traumatique. Les résultats sont publiés dans un numéro du Bulletin épidémiologique hebdomadaire dédié.

Après les attentats de Charlie Hebdo comme du Bataclan ou de Nice, qui n’a pas compulsivement suivi les chaînes d’infos en continu ? Cette fascination peut-elle être source d’anxiété voire de troubles plus graves ? Afin d’évaluer l’impact des images des événements sur l’état psychique des Français, Santé publique France a interrogé 1 760 personnes de plus de 15 ans entre le 2 et le 20 juin 2016, soit environ sept mois après les attentats, par le biais d’un questionnaire internet.

Images et stress : lien confirmé

Résultat, entre le vendredi 13 et le dimanche 15 novembre, « la majorité des répondants (51%) a déclaré avoir regardé des images à la télévision ou sur Internet moins de deux heures par jour », notent les auteurs. Une exposition considérée par les chercheurs comme modérée. Un peu plus d’un quart (27%) a déclaré de deux à quatre heures de visionnage par jour (exposition élevée) et un peu moins d’un quart (22%) plus de quatre heures (exposition très élevée).

Les symptômes de stress post-traumatique ont en parallèle été mesurés au moyen de l’échelle Post-traumatic Stress Disorder Checklist for DSM-5 (PCL-5) auprès de l’échantillon interrogé. L’analyse de ces données montre que « la quantité d’exposition aux images d’attentats est associée, selon un effet dose-dépendant, à des symptômes de stress persistants en population générale, même en contrôlant les potentiels facteurs de confusion ». Parmi ceux-ci, l’implication directe dans les événements ou des antécédents de troubles psychologiques.

Pour aller plus loin, les chercheurs souhaitent « tester les interactions entre l’exposition aux médias et les facteurs sociodémographiques et individuels ». Objectif, « identifier les profils de populations les plus vulnérables aux effets d’une exposition aux médias et ainsi mieux orienter les actions de prévention ».

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