Augmentation des troubles mentaux : une étude établit un lien direct avec la pollution

04 mars 2026

Une étude de l'Agence européenne pour l'environnement établit un lien préoccupant entre l'exposition aux différentes formes de pollution (pollution de l’air, bruit…) et les troubles mentaux. Selon les auteurs, réduire la première permettrait de prévenir les seconds.

La réduction de la pollution, conformément au plan d’action « Zéro pollution » de l’Union européenne, pourrait améliorer la santé mentale à travers l’Europe. C’est ce qui ressort d’un rapport publié par l’Agence européenne pour l’environnement (AEE) le mardi 3 mars.

Une épidémie silencieuse

Depuis 25 ans, l’Europe fait face à une augmentation alarmante des troubles de santé mentale. En 2023, ceux-ci représentaient la sixième cause de morbidité dans l’UE et la huitième cause de décès.

Si les facteurs génétiques, socio-économiques, psychologiques et liés au mode de vie sont bien connus pour influencer la santé mentale, les chercheurs s’intéressent de plus en plus à un autre facteur potentiel : les différentes formes de pollution.

La pollution atmosphérique sous surveillance

L’étude de l’AEE souligne plusieurs corrélations préoccupantes concernant la pollution de l’air :

  • l’exposition à la pollution atmosphérique pendant les phases critiques du développement cérébral (in utero, enfance, début de l’adolescence) est associée à des changements structurels et fonctionnels du cerveau ;
  • une exposition prolongée à un air de mauvaise qualité (principalement aux particules fines PM2,5 et au dioxyde d’azote) est liée à une prévalence accrue de dépression ou à un risque plus élevé de développer cette maladie ;
  • des pics d’exposition à court terme sont associés à une aggravation des symptômes de schizophrénie.

Le bruit, perturbateur invisible

Le bruit, souvent sous-estimé comme polluant, montre également des liens avec les troubles mentaux :

  • une augmentation du bruit lié au trafic routier est corrélée à un léger accroissement du risque de dépression (3 %) et d’anxiété (2 %) ;
  • l’exposition au bruit environnemental est associée à une prévalence plus élevée de problèmes comportementaux chez les enfants, affectant leur bien-être mental ;
  • les chercheurs ont constaté une augmentation de 2,2 % des taux de suicide pour chaque augmentation de 10 décibels (dB) du bruit ferroviaire ;
  • une méta-analyse a révélé une augmentation de 12 % du risque de dépression pour chaque augmentation de 10dB du niveau sonore des avions.

Les produits chimiques, poison invisible pour le cerveau

L’exposition aux substances chimiques toxiques présente également des risques pour la santé mentale :

  • l’exposition prénatale ou durant l’enfance au plomb est associée à la fois à la dépression et à la schizophrénie ;
  • l’exposition à la fumée secondaire est systématiquement liée à la dépression et à la schizophrénie, en particulier chez les groupes vulnérables comme les enfants et les femmes enceintes ;
  • différentes études ont établi une association entre l’exposition prénatale au bisphénol A (BPA) et le développement de la dépression et de l’anxiété pendant l’enfance.

Des solutions naturelles pour protéger notre santé mentale

Si ces résultats soulignent l’urgence de réduire la pollution, ils mettent également en évidence le potentiel des solutions fondées sur la nature pour promouvoir la santé mentale. L’approche « Une seule santé » (One Health), qui reconnaît l’interconnexion entre la santé humaine, animale et environnementale, prend tout son sens dans ce contexte.

Ainsi, les solutions fondées sur la nature peuvent favoriser la santé mentale, l’activité physique et la cohésion sociale grâce à l’accès aux espaces verts et bleus (activités nautiques ou à proximité de l’eau). Par ailleurs, des approches thérapeutiques fondées sur la nature ont démontré des effets bénéfiques : le jardinage, l’exercice en plein air et les « bains » de forêt…

Le rapport de l’AEE renforce la pertinence des objectifs du plan d’action « Zéro pollution » de l’UE. En réduisant la pollution et en élargissant l’accès à la nature, l’Europe pourrait contribuer à améliorer le bien-être mental de millions de personnes.

  • Source : https://www.eea.europa.eu/en/newsroom/news/exposure-to-pollution-linked-to-depression-anxiety-and-other-mental-health-issues

  • Ecrit par : Vincent Roche – Edité par : Emmanuel Ducreuzet

Destination Santé
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