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Douleurs durant les rapports, syndrome prémenstruel, saignements anormaux, sécheresse vaginale, pertes anormales, règles abondantes… Les troubles et maladies gynécologiques sont nombreux. Pourtant, 32 % des Françaises ont du mal à parler de troubles gynécologiques avec un professionnel. C’est que révèle une étude réalisée par YouGov pour Livi, spécialisé en téléconsultation. Le chiffre grimpe encore parmi les plus jeunes femmes pour atteindre 41 % chez les 18 – 24 ans. En tout, près d’une femme sur deux a déjà renoncé à une consultation ou l’a déjà reportée.
En cause ? Le sentiment que le motif n’est pas suffisamment grave, un manque de temps ou encore la difficulté à obtenir un rendez-vous. Les tabous sont aussi bien présents : 34 % des femmes interrogées évoquent de la gêne, 27 % craignent de ne pas être prises au sérieux, 25 % ressentent de la honte. Des chiffres qui augmentent chez les 18-34 ans puisque, 39 % d’entre elles citent la gêne comme frein principal, 35 % redoutent de ne pas être écoutées et 30 % mentionnent la honte. La relation avec le médecin est un autre facteur à prendre en compte. Selon l’enquête, près d’une femme sur deux garde un souvenir négatif d’une consultation précédente, et 60 % des femmes interrogées disent aussi qu’il est plus difficile de parler à un médecin homme.
« Ces chiffres traduisent un décalage préoccupant entre la fréquence des troubles gynécologiques et la capacité à en parler, consulter, diagnostiquer et traiter », note Livi dans un communiqué de presse. Selon l’Observatoire national de la santé des femmes, seules 44 % des femmes ont un suivi gynécologique à jour. Pourtant, le fait de ne pas bénéficier d’un suivi gynécologique constitue un facteur de risque gynéco-obstétrique, notamment concernant le dépistage des cancers, le retard de prévention, l’apparition de complications…
En effet des signes et symptômes gynécologiques comme les douleurs pelviennes, les douleurs durant les rapports, les douleurs menstruelles aigües, la sécheresse vaginale, les pertes anormales… peuvent révéler des pathologies comme l’endométriose, l’adénomyose, le syndrome des ovaires polykystiques, des infections vaginales, des fibromes… Les tabous gynécologiques participent au retard de diagnostic de ces maladies parfois graves. « Trop de femmes vivent avec un inconfort gynécologique en silence. C’est un enjeu de santé publique encore sous-estimé. Retarder la prise en charge, c’est risquer des complications physiques graves y compris la stérilité. Mais c’est aussi une souffrance psychologique : stress, perte d’estime de soi, impact sur la vie intime », explique le Docteur Nicolas Leblanc, directeur médical de Livi.
Dans ce contexte, la téléconsultation peut être perçue comme une solution pour ces femmes. Selon l’enquête, celle-ci « est perçue par 72 % des femmes comme une solution pour consulter plus rapidement. 66 % apprécient la possibilité de choisir un praticien qui leur convient. Chez les 18-34 ans, 60 % y voient une première étape pour aborder des sujets intimes et plus de la moitié se sentent plus à l’aise dans ce cadre. »

Source : Enquête YouGov pour Livi, Agir pour le cœur des femmes

Ecrit par : Dorothée Duchemin – Edité par Emmanuel Ducreuzet