Cancer de la prostate : un traitement moins lourd désormais pris en charge par la Sécu

04 mars 2026

Le traitement du cancer de la prostate localisé par ultrasons focalisés est désormais remboursé par l’Assurance maladie. Cette innovation devrait permettre d’éviter des traitements invasifs trop lourds qui entraînent fréquemment des effets secondaires urinaires et sexuels.

Chaque année en France, près de 60 000 hommes sont diagnostiqués d’un cancer de la prostate, près d’un homme sur six après 60 ans. Il est la troisième cause de mortalité par cancer chez l’homme. Grande nouveauté depuis le 1er janvier 2026, le traitement par ultrasons focalisés de haute intensité est désormais accessible à tous les patients éligibles, remboursé par l’Assurance maladie. Cette innovation combine les technologies d’imagerie et d’HIFU haute performance (High Intensity Focused Ultrasound, en anglais). Il s’agit d’un traitement conservateur à visée curative, qui permet de cibler la tumeur avec une précision millimétrique.

Quels sont les bénéfices de cette technologie ?

La technologie HIFU robotisée est mise en œuvre par Focal One, un appareil médical développé par la société française EDAP TMS. Les ultrasons sont délivrés de manière non chirurgicale, ne nécessitant ni incision, ni irradiation. Ce traitement est personnalisé, adapté à la forme de la tumeur et à la prostate de chaque patient, tout en respectant les tissus sains et limitant le risque d’effets indésirables. Les ultrasons focalisés de haute intensité permettent d’éviter un traitement radical pour des cas de cancers encore localisés, tout en préservant la qualité de vie des patients.

En 2024, une étude avait validé le traitement, après 10 ans de recherche. Celle-ci avait confirmé son efficacité carcinologique avec des résultats supérieurs à ceux de la chirurgie. « Ce remboursement permettra aux patients d’accéder à une nouvelle option de traitement moins invasive et conservatrice dans la prise en charge du cancer localisé de la prostate, explique le Pr Pascal Rischmann, Investigateur principal de l’étude HIFI et senior auteur de la publication. Autres avantages de ce traitement par HIFU : il ne nécessite qu’une seule séance, est personnalisable selon la zone concernée et le volume à traiter, et ne coupe pas les ponts pour un autre traitement éventuel. Il présente également une toxicité moindre par rapport à une radiothérapie initiale lorsqu’il faut un traitement de rattrapage. »

Selon le Dr Antoine Faix, président de l’Association française d’urologie (AFU), « les conséquences urinaires et sexuelles, souvent redoutées par nos patients, sont significativement réduites ».

Pourquoi parle-t-on de désescalade thérapeutique ?

La classification actuelle du cancer de la prostate contient 5 groupes de grades 1 à 5, par ordre croissant de gravité. Au grade 1, les tumeurs sont surveillées, on parle alors de surveillance active. Elles s’aggravent dans 30 à 40 % des cas. En cas de progression vers les grades supérieurs, des traitements radicaux sont utilisés, comme la prostatectomie ou la radiothérapie. « Ces traitements sont parfois surdimensionnés et ont des effets secondaires potentiels : urinaires (20-40%), sexuels (30-90%) selon l’âge et les situations, ainsi que des lésions plus spécifiquement post-radiothérapies (vessie, intestin dans 10-15 % des cas, tumeurs secondaires dans 5-10 % des cas) avec, pour les patients concernés, une altération de la qualité de vie », est-il expliqué. Désormais, au lieu de traitements radicaux aux effets secondaires parfois invalidants, les patients pourront d’abord bénéficier, en cas d’aggravation de la tumeur, de l’HIFU, ce nouveau traitement disponible dans l’arsenal des urologues-oncologues pour les tumeurs localisées.

Concrètement, comment fonctionne-t-il ?

En simplifiant, l’énergie est délivrée par l’intermédiaire d’une sonde capable à la fois de repérer la tumeur par échographie et de délivrer les ultrasons thérapeutiques focalisés de haute intensité (HIFU). Ceux-ci utilisent des ondes acoustiques concentrées, très puissantes, pour détruire le tissu prostatique. En focalisant l’énergie sur une zone très précise- la zone malade en l’occurrence – on obtient une addition de phénomènes physiques : destruction mécanique des cellules par les ondes, élévation de la température à 80°C (les cellules tumorales brûlent) et coagulation des micro-vaisseaux, qui finissent par mourir.

Sous l’effet des ultrasons, une cavitation (la formation de poches et de bulles de gaz), se forme. Ces bulles grossissent et finissent par imploser. Le phénomène participe ainsi à la destruction des tissus alentours et renforce l’action des ultrasons et de la chaleur.

  • Source : Dossier de presse de Focal One

  • Ecrit par : Dorothée Duchemin – Edité par Emmanuel Ducreuzet

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