HPV : protéger les jeunes aujourd’hui, éviter certains cancers demain

04 mars 2026

La journée de sensibilisation aux HPV qui se tiendra le 4 mars est l’occasion de rappeler que les papillomavirus humains restent à l’origine de cancers évitables chez les femmes comme chez les hommes. Idées reçues persistantes, rôle des professionnels de santé, dépistage, parcours de vaccination et rattrapage désormais remboursé jusqu’à 26 ans : éclairage du Pr Delotte sur les leviers pour renforcer la prévention.

HPV : une infection fréquente, une méconnaissance encore trop importante

Les papillomavirus humains (HPV) figurent parmi les infections sexuellement transmissibles les plus répandues. En effet, le HPV touche 8 personnes sur 10 au cours de leur vie. La plupart de ces infections s’éliminent spontanément mais certaines peuvent être à l’origine de cancers qui se développeront plus tard. Selon le Pr Jérôme Delotte, gynécologue obstétricien au CHU de Nice (Alpes-Maritimes), « les risques liés aux HPV sont encore sous-estimés. Certes la sensibilisation progresse, mais elle reste incomplète. Beaucoup de personnes ne font pas encore le lien entre certains cancers – en particulier celui du col de l’utérus – et l’infection par les HPV. Ce déficit de connaissance s’explique par un manque d’éducation sanitaire ».

Rappelons que les HPV en France, sont responsables de plus de 7100 nouveaux cas de cancer chaque année, dont 3 100 cancers du col de l’utérus. Les hommes sont également touchés. Au total, un tiers des cancers liés aux HPV les concernent : cancers de l’anus, du pénis ou encore des voies aéro-digestives.

Dépistage du cancer du col de l’utérus : un pilier clé de la prévention

Il existe plusieurs moyens de prévention, parmi lesquels le dépistage du cancer du col de l’utérus. Réalisé à partir de 25 ans jusqu’à 65 ans, il permet de détecter précocement des lésions avant l’apparition d’un cancer.

Entre 25 et 29 ans, le test de dépistage est réalisé par examen cytologique, avec deux premiers tests réalisés à 1 an d’intervalle puis tous les 3 ans si les résultats sont normaux. Entre 30 et 65 ans, le test de détection des infections à HPV à haut risque (HPV-HR) est effectué tous les cinq ans, à débuter 3 ans après le dernier examen cytologique dont le résultat était normal, ou dès 30 ans, en l’absence d’examen cytologique antérieur. Malheureusement, à ce jour, seul le cancer du col de l’utérus bénéficie d’un dépistage organisé en population générale.

« La stratégie optimale repose sur l’association de la vaccination, pour réduire le risque et le dépistage, pour détecter les lésions », précise le Pr Delotte.

Vaccination contre les HPV : des parcours multiples, un même objectif

La vaccination est recommandée chez les filles et les garçons. « Entre 11 et 14 ans, il est proposé un schéma à deux doses, indique le Pr Delotte. Et entre 15 et 26 ans, le schéma repose sur trois doses. » Collège, médecine de ville, pharmacie, … : plusieurs parcours existent pour faciliter l’accès à la vaccination et limiter les inégalités. « Plus l’accès à la vaccination est simple, accessible et immédiat, plus elle est réalisée. Pouvoir se faire vacciner là où l’on se rend déjà – en pharmacie par exemple – supprime certains freins : difficulté à obtenir un rendez-vous médical, éloignement géographique, manque de disponibilité. »

Jeunes adultes : des idées reçues à lever pour une meilleure prévention

C’est un fait, de nombreux jeunes adultes n’ont pas bénéficié de la vaccination. Les 19-26 ans restent pourtant fortement exposés aux HPV. « L’extension récente de la recommandation et du remboursement répond à une réalité épidémiologique : une part importante des infections à HPV responsables de cancers survient après 19 ans. Avoir déjà eu des rapports sexuels ne signifie pas avoir rencontré tous les types de HPV. Il en existe de nombreux sous-types. La vaccination reste donc pertinente et bénéfique, même après le début de la vie sexuelle. »

La prévention passe aussi par une information claire sur les modes de transmission. Contrairement à une idée largement répandue, le préservatif ne protège pas totalement contre les papillomavirus. « Il réduit le risque, mais ne l’annule pas, rappelle le Pr Delotte. Les HPV se transmettent par contact entre muqueuses lors des rapports sexuels au sens large : pénétration, caresses, échanges de sécrétions. Le préservatif constitue donc une protection partielle, utile mais insuffisante à lui seul. » Il reste néanmoins essentiel face aux autres IST.

Autre idée fausse persistante : penser que les HPV ne concernent que les femmes. « C’est faux. Les hommes sont également touchés, à la fois par la transmission et par les cancers associés », conclut le spécialiste.

  • Source : Interview du Pr Jérôme Delotte, février 2026 - Vaccination Info Service – Infection à Papillomavirus Humains, dernière mise à jour le 07/08/25 - https://vaccination-info-service.fr/Les-maladies-et-leurs-vaccins/Infections-a-Papillomavirus-humains-HPV#:~:text=LesinfectionsPapillomavirushumains(HPV)sonttrsfrquenteset,dbutdelaviesexuelle

  • Ecrit par : Emmanuel Ducreuzet – Edité par : Vincent Roche

Destination Santé
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