











Accueil » Santé Publique » Aux urgences, une nuit sur un brancard augmente le risque de mortalité
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Covid-19, grippe, bronchiolite. Le mois de décembre 2022 a connu une saturation des urgences aggravée par une diminution du nombre de lits disponibles. De fait, le nombre de personnes âgées ayant été contraintes de passer une nuit sur un brancard à attendre qu’un lit se libère a, lui aussi explosé.
Plusieurs travaux avaient déjà montré que cette situation pouvait aggraver la mortalité de ces patients âgés. Pour approfondir la question, des chercheurs français* ont lancé l’étude « No Bed Night ».
L’étude s’est déroulée du 12 au 14 décembre 2022, dans 97 services d’accueil des urgences en France, incluant près de 1 600 patients de plus de 75 ans hospitalisés après un passage aux urgences.
« Le fait de passer une nuit aux urgences est associé à un risque significativement plus élevé de décès intra-hospitalier », alertent les auteurs. « Une nuit passée sur un brancard augmente de près de 40 % le risque de mortalité hospitalière, qui passe ainsi de 11,1 % à 15,7 %. Si tous les patients de cette étude avaient pu être admis avant la nuit (…) 3 % des décès auraient pu être évités. »
Et cet effet délétère semble confirmé avec l’apparition de complications durant l’hospitalisation comme des infections nosocomiales, des chutes…
« Des mesures doivent être prises pour éviter autant que possible cette surmortalité », insistent les scientifiques. « Et l’objectif de ‘zéro lit brancard’ aux urgences en particulier pour les patients de plus de 75 ans doit être considéré comme un objectif de santé publique. »
* Fédération Hospitalo-Universitaire IMProving Emergency Care (FHU IMPEC) et avec le soutien de la Société Française de Médecine d’Urgence et de Samu – Urgences de France
Source : APHP
Ecrit par : Vincent Roche – Edité par : Emmanuel Ducreuzet
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