Depuis ces 3 dernières années, la consommation de benzodiazépines en France diminue… lentement mais sûrement. Ainsi, en 2015, le taux de prescriptions de ces molécules agissant sur le système nerveux central n’ont jamais été aussi bas depuis 2000. Mais comment se classe la France parmi les autres pays d’Europe ? Et quelle population semble la plus exposée à ces médicaments ? L’ANSM fait le point sur ces questions dans un état des lieux publié le 5 avril.

 En vente depuis les années 60, les benzodiazépines (anxiolytiques et hypnotiques) atténuent les symptômes des patients sujets à l’anxiété, aux troubles sévères du sommeil ou diagnostiqués pour une épilepsie.  A ce jour, il existe 20 molécules distinctes pour lesquelles les autorités sanitaires maintiennent un haut niveau de vigilance sur les taux de prescription. Une surveillance liée « à l’importance de cette consommation en France (…). [Mais aussi] à certains usages problématiques (effets indésirables et dépendance, ndrl) », rappelle l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé dans son état des lieux sur la consommation française ces molécules.

Selon ce même document, les prescriptions de ces médicaments diminuent progressivement depuis 2014. Le niveau de consommation enregistré en 2015 est le plus bas depuis ces 15 dernières années. Cette année là, 64,6 millions de boîtes d’anxiolytiques ont été vendues (contre 64,9 millions en 2010) et 46,1 millions de boîtes d’hypnotiques (versus 48,2 millions en 2010). « La consommation concomitante d’anxiolytiques et d’hypnotiques est passé de 3,1% à 2,7% entre 2012 et 2015 ».

Autre donnée, en Europe, la France se situe au 2e rang parmi les plus gros consommateurs après l’Espagne. Mais la France est le pays où la baisse  des prescriptions rapportées entre 2012 et 2015 a été la plus importante : -10% dans l’Hexagone contre -5,1% en Europe.

Les seniors et les femmes consomment le plus

Du mieux donc. Mais ces usages sont encore trop fréquents, « en particulier chez les femmes et les plus de 65 ans (…) cette prévalence est la plus importante chez les femmes de plus de 80 ans. « La durée du premier épisode de traitement est inférieure ou égale à 28 jours dans 75% des cas et inférieure à 12 semaines dans 90% des cas ».

Des effets indésirables à tout âge?

Autre point, les durées de traitements non conformes ne sont pas un phénomène à la marge. Or ces molécules sont responsables d’effets indésirables. Environ 23% d’entre eux se traduisent par des affections du système nerveux ( somnolence, comas, convulsions voire, plus rarement, amnésies ), 12% correspondent à des affections psychiatriques associées à la prises de benzodiazépines anxiolytiques. Enfin, 17% des états confusionnels sont provoqués par la prise d’hypnotiques.  Chez le sujet âgé, ces molécules augmentent le risque de chute. Et « quel que soit l’âge, l’usage des benzodiazépines expose à un risque d’abus et de dépendance physiques et psychique avec un syndrome de sevrage à l’arrêt ».

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