Bien dormir, sans drogues…

[14 mars 2005 - 00h00] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h26]

Difficultés d’endormissement, réveils multiples et/ou précoces… trois Français sur quatre souffriraient de troubles du sommeil. Vous êtes concerné ? Quelques règles d’hygiène, vraiment élémentaires, vous permettront d’éviter le recours à des béquilles chimiques…

La « solution pour gérer les troubles du sommeil ne passe pas systématiquement par les somnifères« . Le Dr Béatrice Noguès est neurophysiologiste et responsable du Centre du Sommeil et de la Vigilance au CHU de Nantes. A l’occasion de la journée nationale du sommeil, qui doit se dérouler ce jeudi 17 mars, elle rappelle les principales règles d’hygiène à respecter :

  • Pas d’excitants, comme le thé ou le café, après 17 heures ;
  • Prenez un dîner léger « pas trop copieux, sans trop de graisses ni alcool » ;
  • Evitez de pratiquer une activité physique ou de prendre un bain chaud après 19 heures. « Cela augmente la température corporelle. Or pour s’endormir, celle-ci doit être la plus basse possible » ;
  • Maintenez la température de la chambre à 18-19°C ;
  • Favorisez les activités relaxantes comme la lecture, la télévision ou de la musique « au calme et avec peu de lumière » ;
  • Attendez les premiers signes d’endormissement -bâillements, nuque lourde, yeux qui piquent…- avant d’aller vous coucher.

« Nous nous battons quotidiennement pour faire comprendre aux patients, mais aussi aux médecins, que les règles d’hygiène sont très importantes pour améliorer la qualité du sommeil. Il ne faut pas donner de somnifères trop facilement. Même si les patients sont demandeurs et souhaitent une réponse immédiate à leur problème. Dans bien des cas, ils viennent (nous voir) alors qu’ils sont déjà sous traitement. Certains depuis 10, 20 voire 30 ans !« .

Somnifères : 4 semaines, pas plus. En théorie…

Des durées intolérables d’autant que des règles sur le bon usage des benzodiazépines -dont font partie les hypnotiques- existent. Comme le rappelle l’Agence française de Sécurité sanitaire des produits de Santé (AFSSaPS), la durée maximale de prescription des hypnotiques est limitée à… 4 semaines !

Quant au recours à ces médicaments, il doit se faire rappelle Béatrice Noguès, « seulement en cas d’insomnie occasionnelle provoquée par exemple, par un coup dur. L’objectif est d’éviter que le patient soit en privation de sommeil trop longtemps« .

Le fait de limiter la durée du traitement réduira le risque de dépendance. « Très régulièrement, nous expliquons à nos patients qu’il faut diminuer leur consommation de médicaments. Mais le sevrage est une étape difficile« . Et là encore des recommandations existent. « Il doit être très lent et très progressif. Pour les principales benzodiazépines, il faut prendre un quart de comprimé de moins toutes les trois semaines« . Pour en savoir davantage et trouver une oreille attentive – et qualifiée – près de chez vous, rendez-vous à l’adresse http://www.institut-sommeil-vigilance.com/

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