Bloc opératoire : la fin des brancards ?

[18 mars 2014 - 17h10] [mis à jour le 19 mars 2014 à 18h20]

Une petite révolution anime les couloirs des Hospices civils de Lyon. Direction le service de chirurgie digestive. Là où les patients arrivent au bloc opératoire… à pied. Plus actifs pendant leur hospitalisation, les malades récupèrent mieux et sortent plus rapidement après l’intervention.

Depuis décembre 2013, le Dr Mustapha Adham – chirurgien digestif au CHU de Lyon – incite ses patients à se rendre à la salle d’opération en marchant. Et contrairement aux pratiques habituelles, ils n’arrivent plus à jeun. Fini l’attente sur le lit d’hôpital le ventre vide, les yeux rivés vers le plafond, sans comprendre ce qui se passe !

« Ce mode de prise en charge a fait ses preuves », explique le Dr Adham. En position debout, les patients sont plus alertes « et font davantage part de leurs préoccupations ». En retour, le personnel soignant est plus à même de livrer conseils et explications.

Plus d’autonomie

Pourrai-je boire avant l’opération ? Combien de temps après mon réveil pourrai-je marcher seul ? Quand pourrai-je remanger normalement ? « En communiquant avec le patient et entre soignants, on gagne en clarté et dans la qualité des soins prodigués ».

Depuis la mise en place de ce dispositif en décembre 2013, le nombre de complications post-opératoires a été divisé par deux au CHU de Lyon. Les patients rentrent plus tôt chez eux et en meilleure santé. Premier volontaire à tenter l’expérience, Gilbert – opéré pour une ablation du foie – s’est rendu à pied au bloc opératoire. Et a pu sortir au bout d’une semaine de l’hôpital, au lieu des 10 à 14 jours de convalescence, en temps normal.

Moins de stress

Au-delà de l’objectif visant à réduire le temps d’hospitalisation, l’idée est aussi d’atténuer le stress provoqué par l’intervention chirurgicale. « Le fait de marcher, de discuter voire de rire avec les soignants sur le chemin du bloc permet de décompresser », raconte Gilbert. « C’est beaucoup moins impersonnel que d’être transporté sur un brancard les yeux rivés au plafond ».

Depuis décembre 2013, une vingtaine de malades ont bénéficié de cette prise en charge au CHU de Lyon. « Tous remarchent et retrouvent une alimentation normale bien plus rapidement », précise le Dr Mustapha Adham. Cette démarche s’intègre dans le dispositif Eras, un programme national de « soins à la carte » décrivant – point par point – les 20 actes réalisés avant, pendant et après l’opération.  Les médecins s’en servent pour donner un maximum d’informationau patient. Et ainsi obtenir une meilleure adhésion au soin.

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