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Quatrième cause de mortalité dans le monde, la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) reste largement ignorée. Une enquête Sanofi réalisée avec BVA Xsight montre que :
« Le terme “BPCO” lui-même est un obstacle : acronyme peu parlant, difficile à retenir, il ne reflète pas la gravité de la maladie,explique le Pr Maëva Zysman, pneumologue au CHU de Bordeaux. Ses premiers signes — toux, essoufflement, fatigue — sont souvent banalisés, attribués au tabac ou à l’âge. Beaucoup de fumeurs pensent simplement qu’ils ont “le souffle court”, sans imaginer qu’ils sont déjà malades. »
Le principal facteur de risque reste donc le tabagisme. Mais la spécialiste alerte aussi sur d’autres sources d’exposition : « on constate également des BPCO liées à des expositions professionnelles, notamment dans les métiers au contact de poussières ou de gaz irritants. Et plus récemment, des formes précoces apparaissent chez de jeunes consommateurs de cannabis, souvent sévères, car fumer un seul joint peut être aussi nocif pour les poumons que dix cigarettes ».
Le diagnostic de la BPCO intervient souvent tardivement, alors que les symptômes sont déjà installés. « Même si les patients savent que leur toux vient de la cigarette, ils évitent d’en parler par peur qu’on leur dise d’arrêter de fumer, observe le Pr Zysman. Résultat : le diagnostic arrive quand la maladie est bien installée. Et plus on attend, plus les conséquences sont lourdes : essoufflement sévère, perte d’autonomie, oxygénothérapie à domicile. »
Autre frein au dépistage précoce de la BPCO, un manque d’outils : « les médecins généralistes ne disposent pas toujours d’un spiromètre, l’appareil qui permet de mesurer très simplement la capacité respiratoire ou n’ont pas le temps pour réaliser cet examen ». Pour y remédier, la pneumologue plaide pour une approche systématique : « il faut poser les bonnes questions à chaque patient fumeur ou ancien fumeur : est-ce que vous toussez ? est-ce que vous êtes essoufflé ? Si oui, il faut pratiquer une spirométrie ».
En conclusion : « la mobilisation doit être collective : généralistes, pharmaciens, kinésithérapeutes… Tous peuvent jouer un rôle dans la prise en charge et l’accompagnement au sevrage tabagique. Mieux dépister, mieux informer, c’est aussi éviter des formes graves et redonner du souffle à des milliers de patients ».
Selon Odile Sauvaget, directrice de l’association Santé respiratoire France, « la BPCO entraîne un cercle vicieux : moins les patients bougent, plus ils s’essoufflent et se fatiguent, avec pour conséquence un isolement social et une perte d’autonomie ». L’activité physique adaptée constitue un levier majeur pour briser cette spirale. « Or selon une enquête menée par l’association en 2023, seuls 27 % des patients pratiquent au moins 30 minutes d’activité par jour. Nous avons identifié plusieurs freins : la sévérité de la maladie, les conditions météo et la méconnaissance des structures proposant des activités adaptées. »
Pour y remédier, Santé respiratoire France propose Respiragora, une plateforme qui crée du lien pour les personnes vivant avec une maladie respiratoire, avec un annuaire en ligne recensant les lieux de réadaptation, d’éducation thérapeutique et d’activité physique adaptée. La web-série Respi’Mouv, disponible sur YouTube, offre également des exercices simples à faire à domicile. « L’objectif est clair : remettre le patient en mouvement, physiquement et mentalement, sur le long terme, pour améliorer le contrôle de la maladie », conclut Odile Sauvaget.
Face à la BPCO, experts et associations appellent à renforcer le dépistage, encourager le sevrage tabagique, mieux coordonner les soins et sensibiliser à la maladie. Sanofi Regeneron s’engage concrètement à travers des actions en région : stands d’information dans les hôpitaux et le BPCO Tour, qui parcourt plusieurs villes de France. Ces conférences gratuites et ouvertes à tous réunissent professionnels de santé et associations de patients pour informer, sensibiliser et partager les avancées de la recherche sur cet enjeu majeur de santé publique.
Pour davantage d’informations :

Source : Interviews du Pr Maëva Zysman et d’Odile Sauvaget

Ecrit par : Emmanuel Ducreuzet – Edité par : Vincent Roche