Cadmium dans l’alimentation : l’Anses tire la sonnette d’alarme face à une menace silencieuse

25 mars 2026

Nous sommes surexposés au cadmium via notre alimentation quotidienne. Face à ce risque sanitaire croissant, l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) tire la sonnette d'alarme.

Invisible, inodore, le cadmium, ce métal lourd présent à l’état naturel dans l’environnement, se retrouve dans une multitude d’aliments courants : céréales du petit-déjeuner, pain, viennoiseries, pâtisseries, biscuits, pâtes, riz, blé, pommes de terre et certains légumes.

Les données les plus récentes témoignent d’une situation préoccupante liée aux expositions au cadmium de la population française. La dernière étude de biosurveillance nationale (ESTEBAN), publiée en 2021, révèle des niveaux d’imprégnation au cadmium plus élevés qu’auparavant. Une situation d’autant plus préoccupante que ce métal s’accumule progressivement dans l’organisme, notamment dans les reins, et peut provoquer à terme des effets néfastes sur la santé.

« Si les niveaux d’expositions actuels se maintiennent et qu’aucune action n’est mise en place, des effets néfastes à terme sont probables pour une part croissante de la population », avertit Géraldine Carne, coordinatrice de l’expertise à l’Anses.

L’alimentation, principale source d’exposition

L’Anses a passé au crible toutes les sources possibles de contamination : alimentation, eau, air, poussières, sol, cosmétiques et tabagisme. Le verdict est sans appel : l’alimentation représente jusqu’à 98 % de l’exposition au cadmium chez les non-fumeurs. Chez les fumeurs, le tabac constitue une source supplémentaire importante.

Cette contamination de notre alimentation s’explique principalement par la présence de cadmium dans les sols agricoles. Un problème qui s’aggrave année après année en raison de l’utilisation massive d’engrais minéraux phosphatés (P₂O₅) contenant ce métal lourd.

Agir à la racine du problème

Face à ce constat alarmant, l’Anses recommande d’intervenir en priorité sur la source de contamination : les sols agricoles. L’agence appelle à appliquer dès que possible des valeurs limites en cadmium pour les matières fertilisantes épandues sur les sols.

Concrètement, l’Anses préconise de ne pas dépasser un apport de 2 grammes de cadmium par hectare et par an. Pour respecter ce seuil, elle recommande une teneur maximale de 20 mg de cadmium par kilogramme de P₂O₅ dans les engrais minéraux phosphatés.

Que pouvons-nous faire en tant que consommateurs ?

Si la réduction de l’exposition au cadmium passe avant tout par des actions collectives sur les sources de contamination, nous pouvons néanmoins adapter notre alimentation pour limiter les risques :

  • réduire la consommation de produits à base de blé sucrés et salés comme les céréales du petit-déjeuner, gâteaux et biscuits ;
  • introduire davantage de légumineuses dans nos repas en remplacement des aliments à base de blé comme les pâtes. En effet, les légumineuses accumulent moins de cadmium que le blé, le bloquent davantage dans leurs racines, et le transportent moins vers leurs graines.

Ces recommandations s’inscrivent dans les repères de consommation du Plan national nutrition et santé (PNNS), et présentent l’avantage de combiner bénéfices nutritionnels et réduction de l’exposition au cadmium.

  • Source : Anses

  • Ecrit par : Vincent Roche – Edité par : Emmanuel Ducreuzet

Destination Santé
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