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Le lupus concerne principalement les femmes, qui représentent près de 9 patients sur 10. La maladie apparaît le plus souvent entre l’adolescence et la quarantaine (15 à 45 ans). Les chercheurs estiment que les hormones féminines, notamment les œstrogènes, pourraient jouer un rôle dans le développement du lupus. La maladie apparaît majoritairement chez des femmes en âge d’avoir des enfants, et certaines variations hormonales, comme lors de la grossesse, peuvent favoriser son déclenchement. Une étude publiée dans le BMJ estime la prévalence française à plus de 54 000 cas en 2020.
Le lupus est qualifié de maladie “systémique” car il peut atteindre différentes parties du corps : peau, articulations, reins, cœur ou encore poumons. Les symptômes varient fortement d’un patient à l’autre, ce qui rend le diagnostic parfois difficile et long à établir. Fatigue intense, douleurs articulaires, fièvre ou éruption sur le visage en forme de papillon sont les signes les plus fréquents.
L’exposition aux rayons ultraviolets est l’un des facteurs aggravants les mieux identifiés du lupus. Chez de nombreux patients, le soleil peut déclencher ou accentuer une poussée inflammatoire, même après une exposition relativement courte. Les médecins recommandent donc une protection solaire stricte : crème solaire à indice élevé, vêtements couvrants, lunettes de soleil et limitation des expositions aux heures les plus chaudes. Certains éclairages artificiels riches en UV peuvent également être déconseillés chez les patients les plus sensibles.
Aujourd’hui, aucun traitement ne permet de guérir définitivement le lupus. En revanche, les traitements actuels permettent de mieux contrôler les poussées et d’améliorer la qualité de vie des patients. Une prise en charge précoce reste essentielle pour limiter les complications, notamment rénales ou cardiovasculaire.
Depuis plusieurs années, les chercheurs s’intéressent au rôle du virus d’Epstein-Barr (EBV) dans le développement du lupus. Ce virus très répandu, responsable notamment de la mononucléose infectieuse, infecte une grande partie de la population mondiale au cours de la vie.
Des études récentes montrent que certaines protéines du virus pourraient perturber le système immunitaire et favoriser l’apparition de maladies auto-immunes chez des personnes ayant des prédispositions. En 2022, des travaux publiés dans Nature Reviews Rheumatology ont renforcé l’hypothèse d’un lien entre infection par l’EBV et lupus systémique. Le virus n’est pas l’unique cause de la maladie, mais il pourrait agir comme un déclencheur chez certains patients génétiquement vulnérables.
Le lupus n’est pas une maladie héréditaire au sens strict, mais plusieurs facteurs génétiques augmentent le risque de développer la maladie. De nombreux gènes impliqués dans le fonctionnement du système immunitaire ont été identifiés, pouvant favoriser ce dérèglement auto-immun. Le risque est plus élevé lorsqu’un membre de la famille est atteint, même si la majorité des proches ne développeront jamais la maladie. Dans seulement 10 % des cas, plusieurs membres d’une même famille sont atteints de lupus. Cette composante génétique expliquerait également pourquoi certaines populations sont davantage touchées.
Pour les spécialistes, le lupus résulte donc d’une combinaison de plusieurs facteurs variés. Terrain génétique, hormones, environnement, infections virales et facteurs déclencheurs extérieurs. Cette multiplicité rend encore aujourd’hui la maladie difficile à prévoir et à comprendre.

Source : https://www.ameli.fr/cotes-d-armor/assure/sante/themes/lupus-erythemateux/symptomes-diagnostic-evolution - https://lupus.bmj.com/content/12/2/e001519 - https://lupusfrance.com/ - https://link.springer.com/article/10.1007/s10238-018-0535-0 - https://www.inserm.fr/dossier/maladies-auto-immunes

Ecrit par : Jeanne Richard – Edité par : Emmanuel Ducreuzet